Cherchez et vous trouverez.

Publié le 20 Juin 2025

Remise en cause de :

"Cherchez et vous trouverez". Évangile de Matthieu 7,7. 

"Chercher, c'est se tenir en dehors de ce que l'on cherche, ce qui rend la Réalité essentielle et permanente même de la recherche - l'Êtreté unitive - définitivement inaccessible. La recherche en tant que réflexion participative installe une corporéité superficielle à égale proportion de la considération que l'on a de soi."

Cette phrase propose une critique métaphysique de l’acte même de chercher, en soulignant un paradoxe fondamental : chercher suppose une séparation entre le chercheur et ce qui est cherché, ce qui rend l’unité avec l’objet de la quête - ici nommée Réalité essentielle ou Êtreté unitive - fondamentalement impossible.

Cela évoque une distance ontologique. Chercher implique une dualité : un sujet (le chercheur) et un objet (ce qui est cherché). Cette posture exclut d’emblée l’union ou la fusion avec l’objet, car chercher suppose que l’objet n’est pas encore là, qu’il est ailleurs, séparé. L’Êtreté unitive évoque ici une réalité non-duelle, immédiate, qui ne peut être cherchée sans être déjà perdue dans le mouvement même de la recherche. Le verbe "rendre... définitivement inaccessible" marque une condamnation : tant que l’on cherche, on reste à l’extérieur de ce qui ne peut être connu que par coïncidence, par présence, par être. L'ArkhêoHiéroKosmogamie évoque ici des échos du soufisme, du taoïsme ou encore de l’advaita vedānta, où la Vérité ultime ne se trouve pas, mais se réalise en l’abandon de la quête égotique. 

Quant à  la corporéité superficielle, elle établit une corrélation entre la recherche et un renforcement de l’ego : plus je cherche, plus je me considère comme celui qui cherche, et plus je me fixe dans une forme, une corporéité superficielle. Cela signifie que le chercheur devient prisonnier d’une image de lui-même, une structure rigide et extérieure, éloignée de l’intime essence fluide de l’Être.

La phrase proposée déploie une critique radicale de la quête spirituelle qui en fait, est existentielle, dès lors qu’elle est animée par la séparation. Elle suggère que le véritable accès à l’Êtreté ne passe pas par la recherche, mais par l’abandon, la dissolution du chercheur, voire la désidentification du moiMais cela ne signifie pas "qu'il n'y a rien à faire" comme le déclare des "éveillés mentaux modernes". Mais ceci est une autre histoire...dont la réponse se trouve dans : frappez et l'on vous ouvrira, demandez et l'on vous ouvrira. Évangile de Matthieu 7, 7-8.

 

                                    © Serge Simonotti.

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