Saint-Jean de la Croix-ArkhêoHiéroKosmogamie

Publié le 13 Juin 2025

Saint-Jean de la Croix (1542–1591) :

Le Cœur comme Fournaise de l’Amour Divin

Saint Jean de la Croix, réformateur du Carmel avec Thérèse d’Avila, est l’un des poètes mystiques les plus profonds de la tradition chrétienne. Théologien, ascète et contemplateur, il n’est pas ésotériste au sens traditionnel d’une doctrine occulte, mais ses écrits sont pénétrés d’une profondeur intérieure qui touche au mystère du divin au plus intime de l’homme. Dans son œuvre, le cœur est omniprésent — mais sous des formes voilées : il est la "nuit", la "blessure", le "feu", l’"ardeur", le "centre" — autant de symboles du centre sacré de l’être où Dieu se donne à connaître.

La Nuit obscure du cœur : purification et vide divin :

Dans la fameuse Nuit obscure, Saint-Jean décrit le processus de purification de l’âme, où Dieu dépouille le cœur de tous ses attachements sensibles et intellectuels. Ce n’est pas un simple désert spirituel : c’est un acte de feu mystique. Le cœur est ainsi « vidé » de tout ce qui n’est pas Dieu, pour devenir un pur cristal à travers lequel la lumière divine peut passer. C’est ce qui se passe lors des Postulats pratiques proposés par l’ArkhêoHiéroKosmogamie, à condition qu’ils soient pratiqués de façon régulière et intensité. L’ésotérisme chrétien enseigne que le divin ne peut naître dans le cœur qu’à condition que celui-ci soit libre de toute possession : Dieu n’entre que là où il n’y a plus rien d’autre.

La blessure d’Amour : le cœur transpercé.

Dans le poème Vive flamme d’amour, Saint-Jean décrit l’âme comme un bois sec enflammé par Dieu. Le cœur y est présenté comme transpercé d’un trait de feu (1) :

« Ô vive flamme d’amour,
qui blesse tendrement
de mon âme le centre le plus profond... »

Ce « centre le plus profond » du cœur, c’est le sanctuaire intérieur où Dieu agit en secret. La « blessure » dont il est question n’est pas souffrance, mais extase d’union : elle est le signe que Dieu est passé et qu’il laisse une marque incandescente dans l’âme. Le cœur devient un lieu de combustion lente, une chambre nuptiale où l’âme s’unit à Dieu dans un silence brûlant.

 Le centre de l’âme : lieu ésotérique de l’union :

Jean de la Croix parle souvent du « centre de l’âme » comme du lieu où se produit l’union la plus intime avec Dieu. Ce centre est au-delà des sens, de l’intellect, de la volonté : c’est un lieu caché, où seul l’Amour (sans affects) agit. Dans une vision ésotérique, ce centre correspond à ce que certains appellent le « sanctuaire du cœur » ou encore le « point d’éternité », mais aussi la Caverne, le Tabernacle... C’est le lieu où l’âme « devient Dieu par participation », non par essence. Il ne s’agit pas ici d’un panthéisme (2), mais d’une mystique de la déification (théosis), inscrite dans la tradition patristique (3) et reprise par les mystiques comme Jean.

 Union nuptiale : le cœur épouse le Verbe.

Dans Le Cantique spirituel, Jean décrit l’âme comme une épouse qui cherche son Bien-Aimé (le Christ) et qui finit par le trouver dans l’union intérieure. Cette union se produit dans le cœur, mais elle est décrite à travers des symboles d’amour, de vin, de parfum, de jardin clos autant d’images alchimiques du cœur transformé.

 Silence, intériorité et connaissance du cœur :

Saint-Jean enseigne que Dieu se trouve dans le silence du cœur, non dans les visions ou les mots. Et ceci est de grande importance. L’expérience mystique suprême est « non connaissable » dans les termes humains. Le cœur doit donc se taire, écouter, s’ouvrir à l’inconnu. C’est là un principe fondamental de toute voie ésotérique : le divin ne s’atteint pas par accumulation, mais par dépouillement. Le cœur devient alors non seulement un organe d’Amour bien au-delà de l’affect, mais aussi un organe de Connaissance, Connaissance directe, immédiate, intuitive, c’est-à-dire, au-delà du mental intellectuel, donc au-delà d’une conscience conventionnelle.

Bien qu’inscrite dans une mouvance scolastique, l’ArkhêoHiéroKosmogamie se reconnaît à travers diverses « lumières » décrites par Saint-Jean de la Croix. Il n’y a que la « manière » et le vocabulaire qui change.

Parler du Cœur, c'est bien authentifier le ventricule droit

Ramana Maharshi indiquait, « L’atome divin du Soi se trouve dans la partie droite du cœur, à environ une distance de la largeur du doigt à partir de la ligne médiane du corps. » 


(1) Ce qui rappelle la lance du centurion lors de la crucifixion.

(2) Doctrine selon laquelle Dieu est l'unité du monde. L’ArkhêoHiéroKosmogamie peut paraître panthéiste, ce qui n’est pas le cas. Ce point demande, bien que difficile à présenté sera proposé dans une note ultérieure.

(3) Étude, connaissance de la doctrine, des ouvrages, de la biographie des Pères de l'Église.

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