Publié le 30 Août 2021

Le regard à travers soi ou l'identité du mensonge.

Si l'on s'en tient à l'étymologie du mot "regard", on rencontrera la base indo-européenne "faire attention" et la base germanique "être attentif".

Sans aborder les bases de la science étymologique, nos possibles rencontres au sein du cercle de la Hiérokosmogamie sont un possible de regard global dénué de résistances et d'acceptations. Elles ne s’apparenteront pas à l'introspection ni à la méditation. Elles ne comporteront aucune pratique; elles sont le possible d'un ressenti intérieur auquel rien n'est lié. Elles ne comporteront pas de programme, ni d'études -bien qu’une ossature légère soit nécessaire- et ne sont en rien reliées entre elles. Y participer ou en être absent ne dépend pas vraiment de vous.

Regarder en soi, c'est devenir petit à petit gardien de soi-même¹, c'est connaître exactement la "ville intérieure" et toute son authenticité. Cela nécessitera la vision de toutes les altérités qui encombrent ce lieu intérieur.  L'altérité, la vision ainsi que l'ensemble de l'activité quotidienne ne sont que ricochets nécessaires au désencombrement.

L'unique problème de la "tension ordinaire" est la séparation entre ce qu'il advient et un « je » auquel cela advient. La compréhension ultime se trouve dans l'abdication de la croyance en un « je » en relation avec une multitude d'états séparés. Il n'y a en réalité pas de « je » auquel quoi que ce soi arrive, juste un lieu dans lequel cela arrive. Il n'y a pas de « je » séparé d'une expérience, il n'y a que l'expérience entière qui s'accomplit d'elle-même. Ce que l’on nomme l’humain n’est qu’un lieu en lequel cela né s’émancipe et meurt. Ce « je » personnel qui se prend pour un point de départ n’y est pour rien.

Pouvons-nous avancer ceci : l’existence n'est pas une construction, une continuité d'événements collés les uns aux autres comme les plans et les séquences d'un film destinés à atteindre un point cible, mais une complète et continue destruction de la croyance en un « je » séparé, localisé et enclin à un certain nombre de croyances personnelles. Le concept « je » crée non pas la dualité naturelle, mais un dualisme une distinction sans réciprocité, et en finalité, un passé et un devenir. Il est bon à ce stade, pour que la lecture de ces mots ne reste pas une simple glissade sans effets, de percevoir l’effet produit, percevoir ce qui se lève en vous. VOIR si cette proposition a tout loisir de courir en vous ou si déjà elle est cadenassée par un savoir ou un souvenir qui fait obstacle. C’est cela l’essentiel. Les mots proposés, les phrases ont deux visages : plongeoir ou mur.

Toute expérience vivante et accomplie est sans mémoire. Pas d'expériences passées venant influer le présent, pas de mémorisation de ce présent. Être fondamentalement conscient s'est être sans mémoire, c'est retirer tout pouvoir à un « je » illusoire chargé de porter seul tout le poids de l'existence linéaire en contrecarrant la Présence globale sans début ni fin (éternelle) ce qui oblige à déployer l'argumentation du souvenir d'expériences passées sur lesquelles on s’appuie et l’anticipation d’un but hypothétique à venir. L’humain-je maître de sa propre destinée…

 Nous ne pouvons jamais comprendre, jamais goûter ce que nous tenons à distance. Ceci est connu du chercheur spirituel sincère. Mais ce dont je parle exactement concerne uniquement la distance fondamentale : la croyance absolue en un moi-je qui est la séparation d’avec la Connaissance Naturelle de ce qu’est l’humain quand il devient l’Homme. Croire que je suis moi altère toute émancipation de ce qui vient, s’émancipe et disparaît au coeur du lieu que nous sommes. Non pas être conscient, mais laisser la conscience être. Or, c'est ce qui s'élève au coeur du lieu qui est conscience. Existence automatique et croyances sont toutes deux douées de moteurs séparateurs bien/mal, bonheur/malheur, normal/anormal en tant que dualisme moral et, il me faut être net : toutes les démarches, les propositions hyper multiples d’aujourd’hui plus ou moins sincères, c’est-à-dire purement psychique, partent du principe que quelque chose ne va pas, qu’ils vous manquent quelque chose ou que quelque chose peut être amélioré ou retiré et qu’elles détiennent les éléments convenables permettant l’harmonie. C’est faux. Cela correspond exactement à ce qui est mis en place par certains laboratoires pharmaceutiques : créer la maladie d’abords et vendre ensuite le médicament déjà prévu ensuite. Ce broyage qualitatif crée détente et tension, participation et distance. Les ressentis "bien", "normal", "bonheur", "juste"...justifie une participation intérieure, un oui global. Mais les ressentis "mal", "douleur", "anormal" créent le retrait du je-moi, le refus. Or, si la distance avec l'événement extérieur est possible, aucune distance n'est possible avec l'événement intérieur et son climat. Ce ressenti présent doit être total, charnel, et libre du "procédé" qui a permis sa contemplation ; ceci n'est possible que dans la mesure où "je" est reconnu comme usurpateur d'un pouvoir de décision inexistant.

La formidable compréhension non mentale - surgissant d'elle-même - est qu'il n'y a pas d'humain, pas de " moi " et pas de " je" auquel quoi que ce soi arrive. Ce qui arrive est l'identité pleine et complète (dans le sens tout est déjà fait) d'une Présence Globale sans cesse en Construction/Emancipation/Effondrement sans début ni fin. Toute analyse de ce qui s'élève dans le lieu est comparaison fossilisée par ce noyau fixe : je-moi se basant que sur lui-même parce que convaincu d'une expérience passée en tant que vérité. Cela autorise le remodelage de l'expérience présente.

Le vaste problème du chercheur spirituel sincère (celui qui ne papillonne pas) n'est autre que celui-ci: comprendre et expérimenter qu'il n'y a pas de je-moi en émancipation, mais que chaque aspect déployé n’est  sans aucune forme de présence, que chaque aspect est une capacité d'effondrement dans un Silence, un Repos dont émane le ressenti.  À cet instant, ce qui est Est la totalité de ma présence consciente. Ce qui s'émancipe est ce que Je Suis auquel rien ne peut être ajouté au risque de blasphème.  N'étant plus un je-moi endimanché de sa vénérable considération de soi, ce Je Suis n’est plus séparé de rien par l’abandon de l’identité figée. Tout étant identité constamment renouvelée.

        © Serge Simonotti. "Qu'il soit permis à ceux qui Connaissent ce Reflet d'Entendre."

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Publié le 27 Août 2021

Servir deux maîtres à la fois?

 

Établir l'ordre des priorités

L'incontournable et déterminante qualité pour faire un premier pas sur une Voie spirituelle authentique, quelle qu’elle soit est d’établir clairement ce que l’on veut vraiment. Il faudra une réflexion profonde, un sondage en profondeur, mais aussi une introspection sérieuse sur les motifs exacts de l’engagement. Car il s’agit bien de cela, un engagement. Nous devrions dire un double engagement, un engagement envers soi et un engagement envers la Voie qui s’est présentée (toujours d'elle-même: c'est cela qui l'authentifie). La décision doit être précise, non précipitée. Il faudra prendre le temps d’établir l’ordre des priorités. Nécessité d’une lucidité accrue. Je vois tellement de personnes approcher les premières nécessités de ce qui n’est pas encore la Voie et disparaitre dans un galop de jugements sur ce qu’ils ont entendu, et une tornade de justifications envers leur manque de confiance, leurs peurs et leurs ignorances. Cette première phase établira les prémisses d’une qualité d’intention solide.

La première question qui est posée à celui ou celle qui se présente face à la Voie pour la première fois est toujours "Que cherchez-vous ?" (Évangile de Jean 1.38).

La réponse est souvent vaniteuse. Son manque d’humilité est souvent révélé par la disparition prématurée de celui qui s’était présenté. Cela a été extraordinaire de s'entendre dire "tu es mon père spirituel" et de ne plus jamais revoir les personnes quelques jours après.

Mais le plus déconcertant est ce grand silence qui suit ma deuxième question :  "Qu’êtes-vous prêts à donner de vous-mêmes pour obtenir ce que vous cherchez ?". Oui, car "nul ne peut servir deux maitres à la fois, où il haïra l’un, et aimera l’autre ; où il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pourrez servir Dieu et Mamon." (Évangile de Matthieu 6.24). Dans le même sens, nous pouvons citer Matthieu 12.30 "celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse".

Avec, est à prendre dans le sens "ensemble, uni, un", moi, dans le sens de "Je Suis". S’il n’y a pas union, il y a désunion puisque nous ne pouvons pas Être de deux manières différentes à la fois.

Nous semblons avoir deux natures : l’une légère, spirituelle et subtile, tandis que l’autre est épaisse, matérielle et lourde. Chacune des deux, nécessairement possède un élan qui lui est propre et qui est inconciliable avec celui de l’autre. Car la nature spirituelle et subtile et a comme mouvement propre "l’ascension", mais la nature lourde et matérielle incline et tend toujours "vers le bas". Puisque leurs mouvements sont, par nature, opposés, il est impossible que l’une suive sa voie, si le mouvement naturel de l’autre n’est pas affaibli.

Comment serait-il possible alors de minimiser cette première condition : établir l’ordre des priorités ?

*Le vocabulaire entretenu dans cette note ne correspond pas vraiment au vocabulaire de la Hiérokosmogamie. Par exemple: "vers le bas", "l'ascension". vocabulaire par trop dualiste. Cela n'empêche pas la note de contenir l'essentiel: l'ordre des priorités. Mais un ordre des priorités qui, s'il est vraiment établi laissera se dévoiler son alter égo: le relâchement, la souplesse psychique. Une vastitude permettant l'intuition de notre Nature Une.

    © Serge Simonotti.

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Publié le 26 Août 2021

Homme divisé/Nature Une.

Être dans le monde sans être du monde,

où l'illusion de croire à une possible séparation de ce Deux.

L’homme divisé, l’homme en sommeil, a la sensation d’être entier. Fondamentalement ignorant de ce qui soutient sa personne et fondamentalement identifié aux expériences (qui lui sont arrivées) survenues, il marche dans les méandres de la réactivité et dans le désert de ses convictions. Ses opinions le désaltèrent et ses choix le rassurent. Il est un vase clos se nourrissant de lui-même alors que toute son attention est tournée vers l’extérieur. Ainsi va-t-il, sûr d’avancer, alors qu’en réalité il ne se déplace pas. Il est déplacé par les évènements qui spontanément arrivent (déterminisme). Il croit faire, alors que tout, naturellement, arrive. Il est choisi, alors qu’il pense choisir. Il pense décider alors qu’il est l’ouvrier d’une décision déjà révolue. Il pense intervenir alors qu’il ne fait que se glisser dans ce qui vient. Il est l’occupant d’une terre promise.

La non-connaissance de sa Nature Une oblige l’homme divisé à avoir -inconsciemment- une conception décomposée et aléatoire de lui-même et du monde. Sur cette conception, il construira -vaille que vaille- ses vérités matérielles, philosophiques et spirituelles. Une recherche spirituelle entamée dans ses conditions n’aurait donc aucun fondement réel, un énorme malentendu, une plaisanterie de plus dans l’amoncèlement de cartes constituant la citadelle construite par le sens de l’égo et son contremaitre, la considération de soi … si l’ensemble de ce jeu ne se laisse pas percevoir. Une proposition de recherche spirituelle authentique comme toujours par soulevé ce point primordiale, que cette proposition soit progressive, directe ou enracinée dans l'Immédiateté. 

Lors de l’alchimie spirituelle (transmutation), un paradoxe étrange fait son apparition. Plus nous approchons -inconsciemment- de ce que nous ne connaissons pas encore, plus l’état psychique parait empirer, tanguer comme un frêle esquif dans la tempête. À ce stade, l’unique moyen est de river son attention sur ce qui se produit sans perdre de vue qu’il s’agit d’un déroulement (sens littéral) nécessaire d’une part, et d’autre part, garder suffisamment d’attention sur la présence informelle (ce qui Voit, qui est témoin) et antinomique au climat survenu. Comme une grande mouvance peut faire naitre l’intuition du repos. La forme de l’acte est le corps de l’éprouvé, de l’épreuve que nous nous offrons à nous même. Seul l’éprouvé est digne de l’alchimie dédiée à la reconnaissance de l’ivraie et du bon grain. La frustration, la colère, l’envie, la peur, l’impossibilité…et leurs réciprocités sont des trappes menant à la caverne de l’initiation, de l'Onction. Encore faudra-t-il avoir le courage d’ouvrir les trappes, d’entrer, de les refermer sur soi et de les oublier.

La mémoire est un regard vers l’extérieur qui nous pousse à croire en un monde en nous et un monde hors de nous, tous deux à distance de nous (moi). Des mondes mouvants, entrelacés, dont nous sommes à la fois témoins et acteurs. Cela suppose que nous nous prenions pour un sujet localisé géographiquement et historiquement dans un espace et un temps regardant un objet à deux faces. Cela suppose d’être établi -entre les deux faces- dans ce que nous considérons comme notre existence propre, cela suppose une croyance totale en un moi/je propre engoncé entre un commencement et une fin.

Le fait de comprendre parfaitement cela, ne nous projette-t-il pas dans une autre "position" ? Cela ne fait-il pas faire un pas en arrière et voir les trois éléments : moi/je, intérieur et extérieur ? Qui suis-je en ce qui ne peut plus être une position, en ce qui ne possède plus un commencement et une fin ? Mais il s’agit bien de comprendre parfaitement -entièrement, pleinement, souverainement, divinement-. C’est bien l’autre "position" en tant que non-position -souveraine, divine- qui comprend, qui propose la Connaissance. Cette autre position qui Est la Connaissance elle-même. Pas de moi/je capable de comprendre, capable d’accéder à la Connaissance.

Deux questions se posent à ce stade : qui est assis face à un enseignant, un instructeur, un maître ?  Et à qui s’adresse -t-il en réalité ?

    © Simonotti Serge.

 

 

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Publié le 25 Août 2021

    © Serge Simonotti.

"Être dans le monde sans être du monde."

C'est bien cette Connaissance essentielle que propose la Hiérokosmogamie. La Connaissance du Deux. Sans cette Connaissance pas de révélation de la Nature Une, de l'Identité Une propre à chacune et chacun.

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Publié le 23 Août 2021

    © Serge Simonotti.

Pour une reconsidération de l’idée d’homme est l'enseigne même de la Hiérokosmogamie. Une phraséologie apparaissant pour la première fois dans notre travail, ne pointant pas à tout prix, ou plutôt à n’importe quel prix la nécessité d’être inédit, ce qui aurait probablement à voir avec une raison d’être claudicante, c’est-à-dire à voir avec la vanité d’être dont le sens commun est «caractère d'une personne qui a le désir de se démarquer, d’être visible, de s’augmenter». Précisons que le substantif féminin vanité est un dérivé du latin vanus « vain », « vide » et de vanitas « état de vide », mais un vide qu’il faut Entendre en tant que privation de notre condition Naturelle, de notre Nature-Une. L’hébreu hèbèl -Abel en français- indique une vapeur éphémère, mais une vapeur qui trouble la vue (1). L’être vaniteux est l’être papillonnant, celui qui est empli de dispositions éphémères, fuyantes, volages, inconstantes, brumeuses, et qui, par réactions inconscientes ou calculées, doit, coute que coute, pour sa propre sauvegarde, faire démonstration d’une présence pleine et enracinée. La vanité est contigüe à un ennemi redoutable, la passion démesurée pour ce qui la motive. Cela sera compris aisément: sous ce climat le motif qui déclenche l’action étant dénaturé est digne du malentendu (mal entendre parce que déviant de l’Intention Naturel), l’action elle-même est dénaturée même si elle parait formidable, talentueuse, intelligente… tout le temps, long et nécessaire, en lequel toutes mes actions étaient dénaturées parce que rivées à des croyances profondément agrafées en la conscience conventionnelle conformiste et extrinsèque   les récoltes étaient bien maigres qualitativement ; elles laissaient un arrière-goût, un relent d’insatisfaction, d'incomplétude ; une demi-mesure rendant tout l’être que j’étais emplit d’une nostalgie incompréhensible.

Vanité et considération de soi sont des termes synonymes et l'une ne va pas sans l'autre. L'humain se "considère" parce qu'il est conscient de lui-même et qu'il se regarde avec une grande attention. Et cela quelque soit l'atmosphère dans laquelle il se connait. Ainsi, vanité et considération de soi ne doivent pas être attribuées uniquement aux personnages hautains, tonitruants, explosifs, toujours sur d'eux et le démontrant sans cesse...mais aussi aux souffrants, enclavés, aux plaignants... ces deux visions de l'existence manquent de pauvreté d'esprit, d'humilité et de Connaissance. Pas de jugement ici, juste pointé du doigt la mauvaise direction empruntée par le regard, l'erreur dans le choix du Motif initiant l'existence et ses nécessités.

 

(1) Au sujet du mythe de Caïn et Abel conté dans les archives hébraïques nous proposons de se reporter à l’ouvrage de Annick de Souzenelle Le symbolisme du corps humain. Collection Espaces libres/Albin Michel. Éditions 2000 ; page 195 et rééditions.

 

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Publié le 22 Août 2021

Oh! Si souvent en présence de l'imaginaire exalté des uns et des autres...et puis quelques pierres précieuses lumineuses et pourtant si modestes.

Une simple étude, et notre expérience même aident à prouver que tous les êtres engageant leurs forces, leur courage et leur intégrité sur une voie spirituelle authentique se trouvent confrontés à un processus identique comportant les mêmes étapes, les mêmes dilemmes, les mêmes abandons nécessaires.

La chronologie reste inchangée : la tendance au multiple et à la dissolution s’éveille pour s’observer, et par une observation approfondie perçoit les facettes stériles qui, à ce stade, se dissolvent d’elle-même.

Cette dissolution consommée en toute lucidité laisse place à un premier degré unitaire, écho sans contrefaçon de l’Identité Naturelle.

Apportons à ceci quelques détails :

  • Du multiple (qui se perçoit comme une unité), tendre par un agir simple, adéquate et centripète, à un premier retournement. La conscience personnelle (humaine), par le fond d’elle-même, sort de ses jungles intérieures et s’installe au désert de ses ultimes complexifications.
  • La conscience (moins personnelle), vide de ses mondes intérieurs, tend vers la Connaissance de l’Intégralité. Deuxième retournement.

Mais tout courage, toute intégrité, tout enthousiasme seraient vains sans la connaissance de l’équité qui annule l’imaginaire galopant choyé par la considération (toujours exagérée) que l’être s’octroie.  Cette équité est la balance des actes, l’équilibre du don et du recevoir, la juste rétribution en fonction du juste mérite et non en fonction de ce que le psychisme nous fait croire que nous méritons. Question d’équilibre, ou alors loi d’attraction, ou de réciprocité, c'est ce qui se dit dans le monde linéaire des formes. Non, question de globalité, d'unité en deçà de la forme . Je ne peux recevoir que la qualité du frémissement que je donne, je ne peux donner que la qualité du frémissement  que je reçois. Trop de « je » présent : donnerrecevoir, recevoirdonner, un seul acte à jamais inachevé. Pas de distance. Rien en dehors de la Substance Naturelle qui Est tout ce qui est.

    © Serge Simonotti.     " C'est ainsi que je me représente ces pierres précieuses".

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Publié le 21 Août 2021

Comment nommer l'union des contrastes?

L’Unicité ou Absolu ne serait qu'un terme sans valeur si tout ce qui la compose n’était pas, en Elle-même, décomposé. Il faut pour cela un soustracteur de différence, un dissolvant des limites, une lumière abolissant les contrastes tout en ne les séparant pas : l’Amour. L’Amour est donc un feu consommateur de différences, un réducteur de particules, mais après que les différences aient été reconnues et acceptées. Il est dissolution, par attraction des contraires. L’Amoureux désire par-dessus tout s’unir à l’objet de son Amour et l’Épouse du cantique des cantiques s’élance sans déviance vers l’Époux. Or l’Unicité est dissolution par annulation des différences, des particularités. Laisser l’Amour Aimer, c’est laisser s'installer en soi une vision intégrale progressive de trois forces :

-    La répulsion (latin repulsio « action de repousser »). 

-    La réciprocité (relation/attraction/interaction). 

-    L’union (annulation des contrastes).

- C'est après que soit traversé les trois forces que se révèle ce que j'appelle l’absolution (état parfait/seul sans second). Mais cet Amour, cette atmosphère au-delà des sens et de l'intellect n’a rien de psychique et ne correspond nullement à l’amour dont parlent femmes et hommes liés à leur mental. Cet Amour, qui ne peut être attribué à personne, se connaît sans mémoire, sans désir et sans résistance.

    © Serge Simonotti.

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Publié le 18 Août 2021

   © Serge Simonotti.

Cela étonnera sans doute. Pourtant, toutes les émanations de la Gnose, qu'elles soient, issues du nord, du sud, de l'est ou de l'ouest et quelque soient leurs illusoires époques sont en accord sur ce point: il n'y a rien qui soit extérieur à un quelque chose qui n'est rien.

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Publié le 16 Août 2021

L'unité enseignant/enseignement/enseigné.

suite à la note précédente, il nous faudra bien admettre

que l’enseignement spirituel, par son originalité, est un signe de reconnaissance et n’est en réalité aucunement lié à une recherche spirituelle !

Il est la prolongation phénoménale d’une Vérité intime en autorévélation. Le processus de Connaissance ne nait pas de l’étude, de la pratique de rites ou d’exercices ou d’une concentration face à un enseignant (une enseigne). Ce processus est invisible et impalpable, il intervient de lui-même (Présence) au sein d’une capacité naturelle intime manifestée en toute conscience en prenant le visage de la globalité enseignement/enseignant. Dire que l’enseignement est une création du chercheur peut apparaitre comme une pensée bizarre…pourtant c’est bien ce qui se réalise.

Prononciation d’un certain nombre de paroles, un certain nombre d’exemples cités, un certain nombre de semences projetées en direction de la terre intérieure lumineuse bien en deçà des commisérations psychiques, non pour attiser ou participer à un processus de transformation, mais simplement pour dévoiler inéluctablement ce qui est déjà là.

Un enseignant spirituel qualifié se doit, en tout premier lieu de dissoudre le rêve (qui deviendra un cauchemar si le disciple maintient une quête sérieuse) du chercheur spirituel néophyte : le désir d’un but palpable, quel qu’il soit.

Juan de Johannes (1507-1579). La cène.

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Publié le 16 Août 2021

Une Connaissance difficilement acceptable.

Tout chercheur spirituel dont le désir sincère est d’entretenir un lien authentique avec une Voie traditionnelle se trouvera en état d’instabilité dès les premiers instants. Il apprendra, et cela créera le plus grand désarroi, qu’il ne peut rien, que le soi-disant « instructeur » ou « enseignant » ne peut rien, qu’aucune pratique participative ne l’aidera, qu’il n’apprendra rien et donc qu’il ne recevra rien.

Celui-là, s’il est toujours présent après la lecture de ces quelques mots, comprendra que ce qui est appelé Voie spirituelle est en fin de compte la mise en œuvre d’une alchimie impersonnelle. Le plomb de l’être se reconnait subitement or de l’Être, et cette transsubstantiation ne souffre pas notre participation. Seul le quotidien devient la forge que requiert le feu divin. C’est ce feu (chaleur/Amour) qui est l’unique moyen d’une alchimie sacrée (latin sacer « qui appartient au monde divin », l’inverse de profanum « domaine de la vie courante des hommes »). Et ce feu devra être l’objet de toute l’attention.

Cette attention continue au plus près de la flamme (connaissance et intimité ne font qu’un) sera l’unique présence, l’unique, si l’on peut dire, anti participation de cette recherche spirituelle. Mais, ce sera compris : pas de recherche de quoi que ce soit. Chercher, c’est attendre quelque chose et participer à un salut à venir. Cette dimension eschatologique est le propre du chercheur spirituel. Comment est-il concevable qu’il ne ressente pas cela ? Chronique d’une défaite annoncée : chercher devant, dehors, ce qui est déjà là ; plus fort encore, ce qui est là avant l’apparition de la conscience de soi en sa considération.

Quant à l’enseignement spirituel, il se veut simple contenant d’une émulsion essentielle, invisible, impalpable et que l’on ne peut nommer qu’en indiquant ses contraires. Il est la coupe d’humilité, une coupe vide qui est bue par celle ou celui qui Entend que ce Vide est plus grand que soi. Il ne contient rien en lui-même qui ne soi déjà présent dans l’épaisse clarté voilée par les ombres extériorisées. C’est cette clarté d’avant les âges et les naissances que l’enseignant vise, voit, reconnait. C’est à elle qu’il s’adresse, avec elle qu’il dialogue. Â l’heure voulue, intervient subitement le rappel, le séisme, le doute ouvrant sur une expression nouvelle. Et pourtant, à cet instant précis on Sait que rien n’a été appris, que rien n’a été reçu.

La trilogie enseignement/enseignant/enseigné est douteuse parce qu’enclavée dans la dualité. Je l’ai exprimé ci-dessus : …ce qui est déjà là avant l’apparition de soi et de sa considération, avant tout ce qui est né et dont tout, par sensibilisation, ne découle pas, mais EST Cela qui est déjà. Il s’agit de non-dualité (₁).

() La non-dualité n’est pas typiquement orientale. Il faut y rattacher la (véritable) Gnose présente, par exemple, dans l’Évangile de Thomas.

 

    © Serge Simonotti.

 

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Publié le 11 Août 2021

Les larmes d’un être défleuri.

Beaucoup d’idées chères et de croyances, acquises soit par expériences ou par l’étude, et vigoureusement exprimées, nous obligent à investir toute notre personne dans ces trois aspects : physiques, émotionnels et intellectuels. Ce qui implique un engagement pour la défendre quand elle est agressée, puis une certaine méfiance envers celles qui lui sont étrangères, enfin une difficulté à entendre (accueillir) autre chose que notre propre perception, ceci dans le but de ne pas prendre le risque d’être déstabilisé. Question de sécurité…et immaturité de l’écoute.

Tant que ces idées, ces croyances, ces affirmations laisseront en la conscience une trace de finalité, tant qu’elles prétendront être une part de nous-mêmes, l’investissement que nous leur devons paralysera tout possible de départissions, nous contraignant à évoluer par l’intermédiaire d’une personnalité réductrice parce qu'elle-même réduite à ses propres dimensions. Cet investissement génère l’identification, état de captivité qui dissout, par les buées d’un sommeil intérieur, toutes émissions d’enthousiasme et toutes projections de particules vivifiées. J'entends bien "enthousiasme" dans le sens de "théos" "dieu".

En général, l’existence d’un être humain est vouée à un ensemble de réactivités donnant naissance à un ensemble d'expressions cristallisées dans la pensée, la parole et le geste en perpétuelles modifications. Cela parait être d'une haute amplitude, d'une richesse appréciable. Il y a pourtant un possible plus lumineux, moins réducteur, celui de s’exercer à ne plus être assujetti ni à la pensée, ni à la parole, ni à l’acte. Un possible d’oubli de la raison personnelle pour une remontée, en liaison avec le monde (totalité), d’une raison plus impersonnelle, déliée des extravagances de ce qu’il est convenu de nommer la considération de soi (moi en l’estime de moi-même). Elle-même mère de deux rejetons, l’exaltation des passions et la vanité du jugement et des justifications. Mais il y a plus grave, ces deux rejetons ont donné naissance à trois aspects ravageurs, l’attachement à l’objet (tout ce qui a une forme) possédé, l’envie d’une chose non possédée et la préférence de certaines choses par apport à d’autres. La considération de soi et ses ramifications mêlées aux pensées générées sont le corps même d’un être défleuri en but à ses propres mécanismes de défense et de protection. La considération de soi est, en quelque sorte, l’identité dominante.

Ce possible lumineux nous mènerait sans doute à un état d’être silencieux n’intervenant pas pour éliminer et remplacer, mais pour proposer et laisser se construire. Un état d’indifférence, non pas à l’égard de tout ce qui n’est pas nous, mais à l’égard de nous-mêmes et de ce que nous nommons « nos propres intérêts ». Il nous faut apprendre à renoncer. Cela ne peut se faire qu'à condition que se présente naturellement la Connaissance éprouvée suivante : je ne suis pas le décideur de la pensée, de l'émotion, de l’action.

Pourrions-nous ne plus gouter de la même façon ce que nous avons maintes et maintes fois gouté et accepter que se présente un au-delà du goût ? Pourrions-nous, avec tranquillité écouter l’emprise que les désirs ont sur nous ? Pourrions-nous ne plus être dupes de nos transes imaginaires, de l’irréalité de certains de nos comportements ? Quel est notre réel potentiel d’Amour, et quel regard avons-nous sur le règne de l’orgueil et de l’égoïsme qui nous ordonnent et nous manigancent à chaque instant ? Apprendre à être témoins de nos mouvances intérieures, apprendre à reculer d’un pas en toutes circonstances pour voir et écouter plus librement, réapprendre à observer, à écouter, reprendre contact avec une strate plus profonde en nous-mêmes. Réapprendre à écouter, puis à entendre notre propre silence intérieur lavé de toutes réactivités. Sortir de l’état rêvé, ce brouillard qui conjugue le présent avec le passé dans une projection en un futur hypothétique interdisant la présence de la Présence.

 

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Publié le 10 Août 2021

Voie spirituelle et non-voie, enseignement extérieur ou insémination naturelle "invitro".

 

Chers amis, portons cette conversation aux confins de ce qui est ordinairement l’apanage des diners : discussions en tous sens écartelées par une écoute relative submergée de propos personnels. Restons centrés sur un seul sujet, l’enseignement spirituel. Qu’entend-on par enseignement spirituel ?

Retournons, si vous le voulez bien à la racine du mot « enseignement ». Un mot populaire de la famille du latin « SĬGNUM » qui veut dire « marque distinctive », « sceau », « signal », et en bas latin « cloche ». Ce qui démontre bien une action extérieure à soi, une transmission d’un savoir qui bien que camouflé serait de type scolaire. En grec, son premier sens est celui « d’  instruction, précepte ». Les deux langues sont bien en accord et dénotent la possibilité, effectivement, que l’enseignement, par instant utile, prenne la tournure d’un « enseignement engagé ». Mais le grec nous porte plus loin, au cœur du propos. LOGOS, qui est rendu pour « enseignement » marque un niveau plus élevé. Il est d’usage en considération de l’Esprit. Il dénote la Parole essentialle issue d’un Vide souriant. Ce substantif masculin n’est donc pas admissible en tant qu’instruction (instruire) dans le sens d’un savoir enseigné, mais dans celui d’une réception sacrée non recherchée qui n’apprend rien et pourtant éclaire tout. L’enseignement de ce type n’est donc pas une finalisation en vue d’un but, mais une ouverture constante, comme une rivière qui jamais n’atteint aucun océan.

Quant à l'adjectif « spirituel », n’est-il pas plaisant, après ce que je viens d’écrire, de voir qu’il est un dérivé de « soupirer », lui-même faisant partie de la famille du verbe latin SPĪRĀRE, c'est-à-dire « souffler », auquel se rattache SPIRITUS « souffle », « souffle vital (âme) ». En grec, le spirituel est le PNEUMA qui mène à SPIRITUALIS « de la nature de l’Esprit », « immatériel, qui n'a pas de corps ». Cela va-t-il nous mener à dire qu’un enseignement spirituel serait un moyen de nous faire connaitre l’Esprit ? Mais vraiment, qui pourrait connaitre l’Esprit sinon l’Esprit lui-même ? Par quel moyen le plus lourd peut-il connaitre le plus léger ? Pas par un enseignement qui l’alourdirait d’autant plus, mais en cédant toute la place pour qu’apparaisse une grande légèreté, une impesanteur. Destitution naturelle (sans demandes, sans le désir que cela arrive) du plus lourd (ensemble des fractions psychiques). Or, pour en revenir à l’étymologie, dans la continuation de SPĪRĀRE on se heurte à SPĪRĀCŪLUM qui prend le sens de « soupirail », « ouverture ». Le « moyen » d'écouter en soi n’est donc pas un « enseignement spirituel », mais une « relation soupirail », une « relation d’Ouverture » qui permet de laisser passage à l’Esprit. Une relation créatrice d’Ouverture. N’est-ce pas cette manière d’être qui caractérise Jésus tout au long de la Parole qui s’émancipe à travers lui ?

Mais il nous faut ajouter deux autres définitions à celle d’enseignement spirituel. C’est celles de « Voie spirituelle » et surtout celle de « disciple d’une Voie spirituelle.

Cela mène à un embranchement qui nous place devant un questionnement : faut-il être engagé sur une voie spirituelle et en suivre les enseignements, les pratiques, ce qui conduit à dire qu’il s’agit là d’une Voie extérieure, ou est-il préférable d’être un authentique disciple d’un entendement spirituel soufflé à l’oreille par L’Esprit ? Dans ce cas ; il s’agit bien d’une Voie (Voix) intérieure...à condition que l'écoute soi libre de tout savoir.

Dans le premier cas, la forme est essentielle ; dans le deuxième, la forme est simplement un moyen d’Ouverture, un soupirail laissant passer une légère lumière diffuse, la naissance d’une aperception, d’une intuition (Voix) s’imposant d’elle-même. La forme est radicalement oubliée, comme une paire de chaussures que l’on retire en rentrant chez soi parce que l’on en a plus un usage immédiat. Quand l’intuition s’élève, elle est le déterminant, la vérité (netteté) unique, la certitude d’un nouveau commencement, parce que rien ne fut avant elle. Cette perception nouvelle deviendra une discipline de vie extérieure (un rite initiatique) par l’entremise du service envers ce qui est écouté en soi.

 La différence entre les deux propositions est colossale. D’un côté la proposition d’une Voie (passage) déjà tracée, de l’autre la vastitude de l’Écoute intérieure, le rayonnement d’une Non-Voie globale, la tranquillité d’un Silence paternel qui nous écoute vraiment et nous offre vraiment au niveau de ce que nous sommes vraiment. Le Vivant comme architecte et la Destinée qui nous convient incomparablement comme compas.

                                      © Serge Simonotti.

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Publié le 8 Août 2021

                                     © Serge Simonotti.

Thé ou café? Question de choix personnel?

" Il n’y aurait pas de véritable libre arbitre (1), de véritable liberté humaine ?  Oui et non. Oui, dans le sens ou l’humain se pense en tant qu’individu doué d’une existence propre séparée des autres et des évènements, ce qui dénote une association serrée avec les caractères établis en la conscience conventionnelle, et notamment avec ce que l’on nomme volonté en tant que pouvoir d’accomplir une action en contrôlant sa qualité et sa destination. Non, parce que je pense que l’action s’accomplit en un Aujourd'hui global (passé/présent/futur en interaction) et, d’autre part, mais cela ne concerne pas directement notre propos, la conscience conventionnelle est tributaire de la présence constante de couches subconscientes actives dont les programmations sont ses véritables agents de maîtrise.

En réalité, notre vouloir n’est pas un acte de volonté, mais une simple continuité due à une décision mentale prise quelques centaines de millisecondes avant (mais d'où vient-elle?) et dont moi-je s’accapare l’acte. En d’autres termes, tout est déterminé, tout est déjà joué. La compréhension en est simple pour celle ou celui qui est placé -naturellement- dans le repos de l’Écoute et dans l’espace de l’Entendement, impossible pour celle ou celui qui n’est pas en ce repos et dont l’écoute est étroitement associée à ce qui est estimé être son propre savoir, ses propres croyances et ses propres désirs, donc à ce qu’il qualifiera comme étant ses propres expériences en sa propre existence. Tout ce qui se produit et tout ce qui est produit paraît être dû à une mystérieuse intention programmée : je choisis la pomme plutôt que la banane, je suis matérialiste ou spirituel pour de bonnes raisons…inconscientes. Ces évènements sont dus à des évènements qui leur sont antérieurs eux-mêmes nés d'évènements antérieurs et ainsi de suite…jusqu’à ce que je nomme Substantia Natura, la Substance Naturelle innée qui, en aucun cas est une cause créatrice.  Le philosophe allemand Schopenhauer réduira considérablement la portée du libre arbitre : l’homme peut faire certes ce qu’il veut, mais il ne peut pas vouloir ce qu’il veut. " Extrait de l'ouvrage  "L'hypothèse Hiérokosmogamie" en préparation d'édition.

Bien entendu, ce sujet est vaste. Dans l'ouvrage, il lui est attribué une plus large place. Son action est considérable pour la compréhension profonde des postulats de la Hiérokosmogamie et sur ses effets dans la vie quotidienne.


(1)Constat du professeur de neurobiologie Patrick Haggard en juin 2005. Les premiers résultats allant dans le sens des limites à associer aux termes libre arbitre ont été réalisés en 1983 par le neurophysiologiste américain Benjamin Libet. Voir son ouvrage L’esprit au-delà des neurones et particulièrement la page 143. Éditions Dervy, 2102.

 

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Publié le 6 Août 2021

 Premiers pas sur une voie sans existence. 

Un court moment d'entretien.

 

V. : Lors de l’entretien public qui a eu lieu, vous avez parlé de l’état de disciple, pouvez vous faire une synthèse de ces paroles ?

Serge: Disciple de la Connaissance qui apparait. Être disciple, c’est être dans la discipline imposée par ce qui semble être une vérité qui s’éveille en soi, en l'intimité de soi sans qu'il y est eu participation. Cette "vérité" est sans précédent; elle ne s'explique pas, pourtant on sait qu'elle est vraie. C’est un état d’alliance entre un soi particularisé et connu et un soi étrange parce que sans direction et inconnu encore. Je pense que c'est à ce stade qu'intervient le substantif féminin "foi", une promesse de fidélité en celui que l'on pourrait appeler "vassal", le soi connu et un "suzerain", le soi inconnu encore. Une forme d'obéissance qu'il ne faut pas s'empresser de percevoir comme anti-libertaire, à contrario, comme une indépendance de ce qui apparait tout à coup comme erroné. Cela se fait en douceur, la reconnaissance est un baume.

 V. : Comment savoir si cette vérité est une vérité vraie, si je puis dire ?

 Serge: Ce que l’on peut nommer  vérité, et ce n’est pas le sens exact, c’est ce à quoi on adhère non à l'extérieur mais à l'intérieur de soi, ce qui est en conformité absolue avec  nous-même. Ce terme, vérité, est acceptable à la condition de ne pas l'enfermer: le bourgeon est vérité, la fleur est vérité, le fruit est vérité. Ce dont nous parlons est au-delà de l’idéation. Cela se tient dans la profondeur de l’être et se développe jusque dans la chair, c'est à dire dans l'action. Cela lave le regard et les autres sens ainsi que l'intellect en ses facultés de connaitre et de comprendre. Et vous n’avez aucune intervention en cela. Cela se développe, se déroule de soi-même. Cette vérité est intime, rassurante et globalisante. Étant au-delà de l’idéation, elle ouvre la voie de l’écoute paisible de toutes les différences manifestées. Elle est à la fois un refuge et le point de départ d'une nouvelle élévation. vous comprendrez donc qu'elle est le contraire de l'orgueil et de la vanité. Son évanescence porte à l'humilité.

V. : Mais il y a bien une participation première pour qu’un jour cette vérité s’éveille…

Serge:  Ce qui parait juste, c’est d’entrer dans l’enseignement que l’on pense avoir choisi avec docilité. Cela nécessite un certain degré de dépoussiérage des tensions internes. Un climat intérieur apaisé. C’est une des caractéristiques premières de l’état de disciple de ce qui survient dans la profondeur de l’être et non de la proposition d'un enseignant. Cela ne peut pas se faire si le climat intérieur est tendu ou trop écartelé. Le disciple n'est pas un papillonneur. Or, ce qui va s’imposer ou se surimposer à lui, ne peut s’élargir si l’on n'en  devient pas totalement disciple. Si cette vérité naissante est regardée, c'est-à-dire authentifiée, reconnue et acceptée, s’il y a épiphanie entre elle et ce que vous nommez « moi/je », alors elle sera à la fois vivante et vivifiée. Elle grandira et débordera. Elle sera à la fois refuge et lieu d’élévation. Si elle grandit, elle prend de plus en plus de place, si elle prend de plus en plus de place, quelque chose est en train de rapetisser. Cela ne vous rappelle-t-il pas la phrase de l’évangile de Jean « il faut qu’il croisse et que je diminue. » ?

V. : Quelle est la difficulté la plus rencontrée lors de vos entretiens et retraites?

Serge: Dialogues de sourds si la conception ancienne ne s’amollit pas. si celle ou celui qui vient ne vient pas vide au moins pour un petit moment. S'il ne se laisse pas une chance d'être étonné. Il y a beaucoup d’originalités différentes au cœur des personnes  rencontrées, mais il y a un fonctionnement commun qui se détache très nettement, c’est celui qui consiste à choisir ce qui convient et ce qui ne convient pas. Qu’elle en soit consciente ou inconsciente, cette personne juge à partir de ses propres critères de vérité. Il y a ce qui vient à elle et elle qui n’a pas l’intention de se laisser approcher, quoi qu’elle exprime en surface. Et puis, la Hiérokosmogamie a tendance à délier la bourse bien pleine de la sécurité, à rendre invisible le garde-fou, cela fait vite fuir ou cela crée une fausse ambiance quand nous sommes ensemble.  C’est courant… Un processus de lucidité doit être tout de suite engagé. L’incompréhension, l’ébranlement, la résistance sont de bonnes choses du point de vue de la Non dualité Christique. Du point de vue de l’individu ces mots ont une résonance négative, dangereuse ou digne d'un imaginaire exalté. Mais, en réalité, c’est une bonne chose, cela fait fuir ou rester. Le papillonnant lui restera et butinera un peu de suc qu'il ne digérera pas. Il ira alors butiner ailleurs.

C'est bien ce qui se passe avec le style de fonctionnement dont nous venons de parler en début de réponse à votre question. Si vous voulez apprendre à jouer du piano, vous écoutez le professeur que vous avez choisi, puis vous commencez par les gammes, avec ardeur et docilité parce que vous savez que dans ce domaine vous ne savez encore rien. Il y aura des crampes aux mains, de la lassitude, peut-être aussi un désir d’abandon pointera le bout de son nez… c’est là que va intervenir la qualité d’intention première: cela a été votre intention de jouer du piano et cette intention a une qualité, une profondeur, un sérieux, une gravité. C’est cela qui fait la différence. Ce qui s’élève, quoi que ce soit, est toujours du levain qui fera s’élever la pâte. Pas d’enseignement unique pour tous, mais une écoute attentive qui mène à une proposition de plus en plus caractéristique. Un enseignement est une pluie de semences, ce qui compte avant tout, c’est l’attention, l’écoute de la germination intérieure. Et une seule semence suffit si elle est libre de mûrir. Aucun enseignant ne peut quelque chose à cela. Le terme "enseignant" n'est donc pas adéquat. Et cela vous incombe entièrement. Je ne peux rien à cela.

                                      © Serge Simonotti.

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Publié le 5 Août 2021

C'est la méthode employée par la Hiérokosmogamie en vue d'une reconsidération de l'idée d'homme. Écouter, Voir, Entendre en soi, déduire avec justesse et s'impliquer.

 

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