Publié le 27 Novembre 2021

J'ai reçu ce matin quelques mots d'une amitié confiante, quelques mots d'une amitié transformée en un état qu'il serait vulgaire d'étiqueter. Quelques mots accompagnés de la photographie d'une nommée "pièce" ou "sculpture". Pour cela aussi les mots employés sont vulgaires. Voir la forme d'abord qui reflète "la" forme parfaite, voir ensuite une petite chose ajoutée qui reflète la forme parfaite. Voila, le regard conventionnel à eu sa nourriture. Alors, subitement, un Voir involontaire prend le relai, un Voir que le moi personnel ne peut atteindre, qu'il ne connaitra jamais, que la volonté personnelle n'atteindra jamais. Un Voir qui n'est pas porté à l'extérieur, mais à l'intérieur de ce qui ne peut plus être nommé soi ni Soi. Cette intériorité est identique à celle qui se trouve dans cette forme qui ne peut plus être nommée, et identique à celle de l'homme dont, involontairement cette forme a émané. Nous sommes bien 3 en 1 ou 1 en 3. Nous sommes bien 0, mais plutôt O.

Merci cher Ami.

L'esprit empli de l'image envoyé, il serait incongru d'en présenter, comme à l'habitude une différente. Et bien sur incongru de partager (comme l'on dit aujourd'hui) l'image qui m'est parvenue. Au terme "partager", je préfère celui de semer une graine non F1, toujours la même de façon continue.

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Publié le 26 Novembre 2021

Ne rien enseigner pendant la rencontre,

c'est offrir l'Écoutant

à lui-même.

Qu’est-ce que la réalité dont chacun parle à sa façon ? Une interprétation continuelle du monde sous les feux de nos projections. Existence imaginaire, mais bien réelle dans l’enclos du mensonge mental. Quel accouchement est le nôtre dans ce cas, sinon des rejetons stériles. La stérilité donnant naissance à la stérilité.

Il ne peut, en ce cas, y avoir d’enseignement spirituel dans le sens de professer, de démontrer, d’instruire ; mais dans le sens de faire « connaître » ce qui peut l’être et de n’indiquer aucune direction, c’est-à-dire aucun but, aucun aboutissement. Cette non-marche se fait d’elle-même dans la solitude intérieure. Cela requiert d’offrir, de la part du Parlant un minimum de contenu. Cela laisse de la place à l’Intelligence de celui qui reçoit, l’Écoutant. Cette Offrande, pauvre en quantité, mais riche de son poids déséquilibrant est l'occasion de suppléer la normalisation sécuritaire instaurée par la tragédie générationnelle, un possible de réorientation, de réajustement ordonné des capacités personnelles menant à un agir global impersonnel, d’être saisi par une flamme dispensatrice d’une consumation échauffante, une langue de feu qui nous laisse vides de cette illusion cloisonnée qui a été « moi », moi sans l’autre, moi sans l’Autre qui pourtant n’est jamais l’Autre sans moi. Un véritable Nirvana ! Mais dans le sens étymologique de ce terme : extinction (de toutes pensées, sensations, volonté, quand celles-ci sont authentifiées comme étant personnelles, liées à un moi-commencement, un moi-premier). Aucun savoir personnel possible. Personne qui sait, personne qui ne sait pas.

Le drame (pour la plupart) se tient en cela : pas de participation possible. Alors, comment faire si l’on ne peut rien faire, surtout quand la participation à un travail spirituel implique toujours dans l’esprit du participant le fait de recevoir ce pour quoi il participe. Mais que pourrait-il recevoir qu’il ne se donne à lui-même ? Que pourrait-il recevoir sinon lui-même ? Recevoir de l’extérieur implique le fait de devenir de plus en plus étranger à soi-même, de plus en plus étranger à notre identitaire Nature Une commune. Chaque femme ou homme n’est pas une succursale jouissant d’une autonomie segmentée. Chacun est la Nature même de l’Unité sensibilisée. En fait, chaque femme ou homme est femelle mâle. Unité sensibilisée en deux égalités, Repos/Mouvement.

Quel intérêt d’apprendre à notre état psychique quoi que ce soit sans que soit jamais reconnu l’état intemporel, la Nature Une si proche en chacune et chacun ? L'état ordinaire est l'appropriation, la dissection, l'interprétation. L’Information Naturelle interne devient un renseignement externe, une déformation supplémentaire qui éloigne davantage de l’immanence.

C’est bien en cela que se tient la confondante rencontre avec la Hiérokosmogamie. Une rencontre liée à un déterminisme non classique.

 

                  © Serge Simonotti.

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Publié le 8 Novembre 2021

Esprit et esprit, écoulement (sensibilisation) de l'Immatériel en direction d'une forme de matérialité.

Il faut nous entendre sur le terme spirituel, l’extraire de la gangue que lui accordent les religions organisées qui l’associent toujours, par distanciation (non vécu), à un au-delà sur naturel, et l’extraire aussi de cette désastreuse hégémonie profane que lui accordent les pléiades d’enseignements auto proclamés -valeurs morales, intellectuelles, amélioration de soi, non-matérialité- et lui redonner ses lettres de noblesse. Ce qui est spirituel n’est pas sur naturel, mais Naturel étant la condition même de la qualité de l’esprit de l’homme en toute sa valeur d’Intelligence, et par suite, d’intellectualité, de sensations… en somme l’ensemble de la vie psychique s’insinuant dans la vie matérielle, quand cet esprit est la sensibilisation même de l’Esprit !

La valeur morale, la conscience de ce qui est bien de façon commune est-elle abandonnée par la Hiérokosmogamie ?  Non, mais le concept de bien et de mal, les mœurs et les coutumes de courtoisie ou de bienveillance risquent d’être malmenés. La surface ne devient intéressante que quand elle est reliée au fond. Je n’accorde pas crédit à la formulation classique : le spirituel n’appartient pas au monde physique, mais au monde de l’esprit, de l’âme(1), à la vie religieuse, au domaine moral distinct des réalités du monde sensible et de la vie pratique. Ce qui est sous le joug de l’adjectif « spirituel » c’est ce qui est sous le joug (doux) de l’Esprit, ce qui est imprégné d’un Souffle immatériel vital, un Souffle dont émane une Vivance Globale insécable en laquelle se distingueront les existences. Cette imprégnation due au Souffle, à l’Esprit pur -saint- est synonyme de l’effondrement d’un Champ Naturel inné et intuitif en la conscience fonctionnelle et commune. Ce Souffle est l’effondrement, le Champ Naturel étant l’Esprit. Il n’y a que dans ces instants qu’il y a aperception oui intuition réelle, ces instants où l’Esprit insuffle en ce qui devient l’Homme.

 

Probablement déjà proposé dans une ancienne note : le terme âme est un glissement d’une racine indo-européenne *ane signifiant souffle vital représenté en grec par anemos, le vent, en latin par anima souffle vital et animus principe pensant, cœur. Le terme âme est donc l’absolu synonyme d’Esprit. Que s’est-il passé pour que cette âme devienne un objet si solide et si personnel (mon âme) ? comme s’il était possible de dire : mon (propre) Souffle vital, mon Esprit…mon vent.

 

  © Serge Simonotti 


 

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Publié le 7 Novembre 2021

CELA peut survenir en tous puisque CELA est notre Nature même. Si CELA est notre Nature même, CELA est bien notre Nature commune. Si CELA est notre Nature commune, il ne s'agit plus d'en rester seulement à la solidarité, à la bienveillance, mais d'Entendre...

La relecture des articles de ce blog a dévoilé la sécheresse de certains écrits. Je comprends bien qu’il doit s’agir pour beaucoup de véritables biscuits secs !

Je vais donc me permettre de raconter le plus clairement possible quelques « événements » survenus dont le substrat se trouve en filigrane des « biscuits secs ».

Peu de temps après un long périple en Égypte dans le but de connaitre le visible et l’invisible de cette fabuleuse civilisation, le désir de contempler la pierre de Rosette se fit fortement ressentir. L’occasion se présenta pour aller à Londres au British Muséum. Ce jour-là, dès le matin, l’état était profondément dépressif. Le voyage avait les couleurs de l’enfer psychique. Lors de l'arrivée à Londres, il fallut un instant de repos bien que l’état psychique ne changeât pas. Nous nous sommes rendus dans le premier bar venu. Mon épouse et une amie se rendirent aux toilettes. Seul, et regardant ce qui se passait autour de moi, je vis le comptoir et des personnes assises sur des chaises hautes qui parlait ensemble. Et ce fut le choc, un saisissement soudain et violent : ces gens assis là qui discutaient ensemble étaient les mêmes que ceux que je voyais aux comptoirs des bars dans la ville que j’habite en France. « J’ai » su et vécu à cet instant précis la Globalité. Une Globalité au-delà de la bien nommée réciprocité et de ses adjuvants tels que la bienveillance. Une Globalité bien difficile à partager. Je ne puis ajouter que ceci : cela ne s’éteint pas alors que les années ont passé. Cela ne s’éteint pas. Cette profonde Connaissance éprouvée est à la fois intime et partagée avec les personnes qui approchent la Hiérokosmogamie. Mais sur la pointe des pieds : cela doit être vécu et non pas appris ; ce n’est pas un savoir. Et cela fut spontané, sans demande aucune. L’état psychique déplorable présent à ce moment-là y est-il pour quelque chose ?

Il m’est souvent apparu que c’est toujours dans l’inattendu que Cela survient et je ne propose aucune méthode, pratiques qui demanderaient un apport d’efforts personnels : assis de façon nonchalante dans mon bureau, je portai les yeux sur un petit ouvrage posé sur un meuble à quelques mètres. Je le pris dans les mains et le feuilletais de-ci de-là. Je lus une courte phrase entièrement…et plus rien n’était pareil ; rien n’avait changé et tout avait changé. Impossible de poser des mots, et la grâce de ne pouvoir rien m’expliquer. Un climat à l’arrière de tous les climats internes connu. Une personne sans moi, sans je. Ce fut aussi la continuité de Londres, ce mystère que j’étais "étais" partout (difficile d’être plus clair). Cela dura plusieurs semaines de façon intensive. Des personnes me demandaient ce que je prenais comme médicament pour être si…et elles ne savaient pas quoi ajouter et ne recevaient pas de réponses. Cela diminua d’intensité très lentement jusqu’à atteindre un degré qui lui ne s’effiloche pas. Cette phrase reste bien discrète dans ce petit livret. Je ne l’ai jamais retrouvée. Elle m’a offert sa Substance.

D’autres instants équivalents se sont révélés. Ils ont un point commun : c’est bien après d’intenses périodes de contemplations internes dans les tréfonds de l’esprit, en leur accordant une priorité absolue que Cela est survenu, mais sans que Cela soit un but recherché.

                                    © Serge Simonotti.

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