Publié le 28 Février 2022

La modestie d'un commencement

Il va sans dire que poser un premier pas sur le chemin qui mène au cœur d’une non-voie n’est pas sans prendre le risque de se rendre compte de non la nécessité d’un soi-même connaissant. Cela dévoile un climat intérieur apaisé ou une épouvantable tragédie identitaire.

Or, c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui comme pain de nécessité : un climat intérieur apaisé. En effet, comment apparaitre au regard de ce qui est translucide en un soi profond, si l’opacité, (le nuage de particules mentales « raison/émotions"), n’est pas apaisée ?

Comment atteindre ce climat particulier, ce tronc central immuable, silencieux et dénudé de tout maintien, alors que feuilles et branches dansent avec les vents ?

La première absorption en soi est une longue et lente réflexion non mentale, c'est-à-dire « laisser se réfléchir sur soi », sans participation, sans analyse, sans intervention.

Une longue pause d’avec ce moi trop connu, si normalement accepté, cet interprète constant de tout ce qui s’élève au sein du Lieu Global que nous sommes.

Lenteur et fermeté. Fermeté dans le sens de fixité, paix.

VOIR ce que qui se révèle et se voir au sein de cela, intégré en cela, être cela. Ni observateur ni observé. Imagination psychique au début…et, quand il y a assiduité (quantité et qualité) apparition d’une Réalité présente au-delà de l’imaginaire psychique sur laquelle il faut (ici) garder silence.

Cette première attitude en soi est un nouveau socle. Elle détrônera la considération banale de soi et désamorcera toute vanité spirituelle. Cette vanité qui fait que le « cherchant spirituel » est plus grande, plus importante que l’objet de sa recherche.

Les promulgations développées par le Voir au-delà des sens sont propres à chacune et chacun. Elles ne peuvent entrer en comparaison ni en conflit. L’Intimité en soi est une diète d’extériorité, une solitude choisie. Non dans le sens de solitaire ou d’esseulé mais dans celui d’unique. Car ce qui est unique est intégralement Seul.

L’Intimité en soi est aussi naturelle, c'est-à-dire sans modifications, sans ajouts et sans retraits. Elle est donc suffisante dans l’aujourd’hui du pas accompli.

Ces propos n’iront pas sans une certaine incompréhension : n’avons-nous pas été éduqués dans le sens de faire au mieux, d’aller plus loin, plus haut, plus profond ; de réussir ? N’avons-nous pas été éduqués dans l’esprit de la victoire et de la défaite, du positivisme, du libre arbitre personnel et de la loi de causalité ?

Il nous paraît pourtant que ce « commencement » est incontournable, indispensable pour celle ou celui qui, en vérité, en Réalité, ressent le besoin - peut-être- dû à une nostalgie, une mélancolie inexplicable de se reconsidérer et de reconsidérer sa présence, son « pourquoi ? »

               

                                      © Serge Simonotti.               

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Publié le 15 Février 2022

Un paradis personnel, impersonnel, inné?

Rappelons les paroles qui terminaient la plupart du temps les contes au Népal :

Des colliers de fleurs pour celui qui conte,

Des colliers d’or pour ceux qui écoutent,

Que cette histoire aille vite en paradis

Pour me revenir sur les lèvres

Au moment de la conter de nouveau.

Beaucoup verront en ces paroles poétiques un aller-retour imbibé d’extériorité. C’est ce qu’indique la lettre qui ne va jamais assez vite. Mais où se trouve donc ce paradis ? Ce serait une vision d’aveugle de répondre en soi. Cela dénotera de nouveau une distance. Le paradis est soi quand un Champ Naturel inné et intuitif a envahi les lagunes mentales. La Conscience Globale perd son jardin cosmique quand elle s’éteint sur le parvis de la conscience classique. Elle se retrouve immédiatement en son jardin quand l’effondrement du Champ est opératif, c’est-à-dire, quand le Champ joue son rôle de réunificateur.

N’y a-t-il pas en ces mots la présence de l’Écoute juste et de l’Immédiateté qui installe naturellement une Connaissance innocente sans lendemain ? Inutile de courir vers un paradis (quel que soi le sens que l'on accorde à ce mot) s’il n’est pas déjà en chaque cellule de notre corps, en chaque alvéole de nos poumons, en notre bouche, en nos mains, en nos pieds, en notre esprit. Car quelle part de nous-mêmes pourrait courir après cela ?

Pour l’enfant, le jouet est intéressant le temps qu’il est intéressant. C’est-à-dire le temps qu’il est expérimenté, en un mot, usé. L’enfant est bel et bien dans l’Aujourd’hui. Nos questionnements se doivent de devenir ce jouet jeté et oublié une fois expérimenter. Il faudra pour cela passer de l’adulte raison mécaniqueà l’innocence enfantinesans lendemain : …en voyant cela, Jésus s’indigna et leur dit : laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux ; en vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. Évangile de Marc 10, 14-16 ; Matthieu 19, 13-15 ; Luc 18, 15-17. Chez Luc, le terme bébé (1) est mis en avant tout en proposant aussi celui d’enfants.

Le quatrième logion de l’Évangile de Thomas dévoile aussi l’importance de l’Innocence (ce qui, par nature, n’est pas nuisible) à laquelle il faut revenir : Jésus a dit : l’homme vieux dans ses jours n’hésitera pas à interroger un tout petit enfant de sept jours (chiffre de la totalité humaine, féminine et masculine à la fois) au sujet du lieu de la vie, et il vivra, parce que beaucoup de premiers se feront derniers, et ils seront Un. Ajoutons ici ce qui n’est pas un détail : l’évangile de Luc 2-21TOB stipule ceci : 8 jours plus tard, quand vint le moment de circoncire (Yéshoua)… L’enfant de 7 jours est donc l’enfant vierge de la marque humaine, vierge de la marque de la tradition religieuse traditionnelle installée dans la continuité d’une éternelle attente. Avançons jusqu’à dire qu’il est l’Innocence dans le sens de pureté, mais, essentiellement, dans le sens d’Universalité.

Notons encore ceci: les paroles des évangiles ici citées ne sont pas associées à un dogme quelconque, ce qui obligerait à être placé sous le joug de l'imitation et non de l'Authenticité Naturelle en soi.

 

(1)˙Le substantif masculin bébé semble mieux convenir que le substantif enfant. C’est au huitième jour que le bébé recevait la Brith Mila, la circoncision. Qui, classiquement confirme le rapport à Dieu. Yéschoua parait contrarier la tradition par le fait que c’est avant la circoncision que le bébé, par son Innocence -non marqué par une tradition cultuelle- connaît le lieu de la vie.

                                     © Serge Simonotti.

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