Publié le 13 Janvier 2024

Ce qui est Spirituel est non négociable.

À la suite de quelques courriels réceptionnés depuis quelques jours, il faut nous entendre de façon étroite sur le terme spirituel et, ce qui ne plaira pas à tout le monde, l’extraire de la gangue de la désastreuse hégémonie profane que lui accordent les pléiades d’enseignants auto proclamés parodiques dont l’ignorance fait confondre la Valeur en Esprit avec des relents psychiques donc imaginaires. L’extraire également du sens épicier dont il est paré au cours du langage courant, et cela dans le dessein de le rétablir en ses lettres de noblesse. Ce qui est Spirituel est Naturel dans le sens de non né, sans naissance donc absolument pas humain! Nous n’accordons pas crédit, parce que trop tiède, par manque de Connaissance métaphysique, à la formulation classique : le spirituel n’appartient pas au monde physique, mais au monde de l’esprit, de l’âme, à la vie religieuse, au domaine moral distinct des réalités du monde sensible et de la vie pratique. L’adjectif spirituel et le substantif féminin spiritualité sont subordonnés non à l’unique esprit en tant que moyen dont découle la pensée réfléchie, l’activité intellectuelle de l’individu conventionnel, mais à l’Esprit-Fils en tant que Souffle de Vie intentionnel, mais un Souffle sans début ni fin, en lequel s'élèvent, s’émancipent, diminuent et disparaissent les existences instituées dans la même mouvance, c’est-à-dire l’ensemble de la cosmogonie sans début ni fin.

   Serge Simonotti ©. Cela repose dans l'Esprit qui soutient toutes les formes.

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Publié le 13 Janvier 2024

Le Retournement immédiat,

se perdre de vue sans se Perdre.

Nous nous permettons de récupérer la parole évangélique lève-toi et marche (1), mais nous y ajoutons n’emporte rien avec toi, ne cherche aucune direction, n’emprunte en aucune occasion un chemin connu… Puisqu’il n'y a que des directives négatives, n’associons pas le verbe marcher avec celui de chercher un devenir ou un lieu convenable où s’arrêter. Henry David Thoreau (2) n’écrit-il pas : …à quoi bon emprunter sans cesse le même vieux sentier ? Vous devez tracer des sentiers vers l’inconnu. Si je ne suis pas moi, qui le serai ? Ajoutons : à quoi bon emprunter sans cesse le même vieux moi individuel, le même vieux je intentionnel en lesquel rien n’est perçu comme indivisible.

Et l'Éternel dit à Abram (3) : Pars hors de ton pays, hors de ton enfantement, hors de la maison de ton père, vers le pays que je te ferai voir…Genèse 12, 1-2. Où, selon une autre traduction moins directionnelle : Et YHWH dira à Abram va vers toi -Lèkh lèkha- hors de ton territoire et hors de ta filiation et hors de la maison de ton père, vers le territoire ou je te verrai. Se va vers toi, ne veut-il pas dire vas vers ton Identité Réelle, sors de l’identité fantomatique et vas vers ton Identité Universelle, kosmique, vers ta plénitude ? Remarquons qu’aucun pays n’est cité ni aucune direction donnée. Pas de géographie indiquant une montée ou une descente, pas de distance. La Voix Intuitive interne à Abram paraît vouloir ajouter : traverse-toi pour atteindre les limites de ta conscience conventionnelle et en laisser se percer la coque, afin que le Champ Naturel inné et intuitif qui est Moi/Toi se déverse en toi et te rénove. Entre dans ta transparence holographique. En aucun cas il n’est demandé à Abram vient vers moi, car, il n’y a pas de Dieu extérieur. Quand le bien-aimé du Cantique de Salomon apparaît au treillis de la fenêtre que dit-il ? Lève-toi, mon amie, ma belle, et va vers toi-même. Ce féminin est, bien entendu, l’Âme particularisée, qui effectue un renversement en elle-même pour retrouver son Identité réelle, l’Âme universelle synonyme de ce que nous avons nommé dans la nomenclature hiérokosmogamique, Champ Naturel inné et intuitif. Aller vers soi-même, c’est désabuser le mental inquisiteur.

(1) L’hébreu haw-lak’ indique non seulement d’idée de marcher, aller, mais aussi l’idée de mourir, vivre, manière de vivre et entend également le sens de traverser.

(2) Henry David Thoreau (1817-1862) est philosophe, naturaliste et poète américain ; il est l’auteur de Walden ou la vie dans les bois, de La désobéissance civile, des œuvres reconnues mondialement. La phrase citée est extraite de Le jardin de personne, petite biographie de Thoreau par Thierry Gillyboeuf en final du texte intitulé De la marche édité chez MILLE .ET. UNE . NUITS, numéro 418, avril 2003.

(3) Abram signifie père élevé en hébreu ; il deviendra Abraham père des peuples.

   ¸ © Serge Simonotti. Israël: entre Jéricho et Jérusalem.                                  

                                     

 

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Publié le 12 Janvier 2024

Le mental a double-face.

Attachés à la résolution de ne pas renier l’esprit d'un Voir global soudé à la Connaissance, et de ne pas cesser de l’inoculer, nous étalons tout au long de notre Travail et de nos Rencontres, un certain nombre de propositions qui ont pour vocation de permettre aux lectrices, aux lecteurs, aux participants des Rencontres, aux Aspirantes et Aspirants, de tenter l’aventure de la reconsidération des représentations classiques (qui s’inspirent de modèles existants, de règles établies, normalisées). Cela implique une césure de tous les informateurs intérieurs et extérieurs, dont l’auteur de ces lignes s’ils représentent le moindre danger d’une conversion (trans-formation, changement par retournement radical du sens d’un mouvement en cours) participative. Nécessité de se placer en retrait des œuvres imaginaires suscitées par ce que l’on nomme ordinairement le mental. Son importance et le danger qu’il représente sont toujours minimisés sinon ignorés. Mais ce qui est extra-ordinaire, et ce mot est faible : ce mental omniprésent et tellement proche de l’individu qu'il lui est invisible. Considération de soi oblige. Mais indulgence: le monde mental est un monde intermédiaire, un monde à deux faces, à deux côtés, à la fois en relation avec l'extérieur et l'intérieur, avec le formel et l'informel, avec la pensée individuelle et l'Intuition Naturelle. L'individu restant sans cesse en concubinage avec le côté extérieur.

L’individu dépendant du mental « existe » selon le latin ex-stare « dépendance par un autre que lui-même ». ainsi, cet être dépend du mental et jamais de lui-même selon sa Nature, son Identité Réelle. Relevons des réflexions de R.A. Schwaller de Lubicz confiées à son épouse Isha : celui-là m’a terriblement gêné !... je vois maintenant son jeu : il a été mon ennemi toute ma vie… je ne le croyais pas si féroce !... je savais qu’il était l’obstacle, mais je n’avais pas reconnu toutes ses ruses, toutes les formes qu’il a pu prendre pour me détourner du chemin. Ces réflexions suffisent à nous faire reconnaître clairement la portée de l’enjeu et la force de l’ennemi. Mais, pas de combats, pas d’actions possibles suscitant une notion de défense ou de résistance, ce qui serait antinaturel. Ce qui est Naturel implique la convocation de la plus extrême lucidité en laissant émerger les propositions chimériques du mental sans s’y adapter ou se l’approprier : suspension et cessation totales. Tel un phare qui éclaire dans la nuit. Ainsi les propositions indécentes seront perçues par un Voir incoercible, ce qui mènera à leurs détériorations. Cela provoquera une cessation du déroulement mental, qui à ce stade n’est plus tout à fait liée à ses conventions propres. En cette cessation, s’élève un ressenti mystérieux, une onde d’apparence étrangère -non humaine- qui se particularise et se sédentarise en ce qu’il convient de nommer Intuition Naturelle. Cela relève de la révélation immédiate et certaine, telle la lumière éblouissante d’un éclair, mais difficilement objectivable en dehors de sa visibilité dans l’action et ses œuvres. L’Aperception ou l’Intuition -termes synonymes, - sont des états spontanés nécessitant néanmoins, après leurs survenances, de demeurer dans la sphère d’une lucidité (1) à toute épreuve. Nous sommes en sympathie avec l’émanation étincelante du poète René Char : la lucidité est la blessure la plus proche du soleil.

(1) Le substantif féminin lucidité est un dérivé du latin lux ou lucis lumière du jour. L’Intuition Naturelle -et non pas l'intuition profane, aucun individu n'a d'intuition réelle- nécessite une clarté d’esprit absolue. Toujours neuve, la production de l’Intuition Naturelle ne peut être comprimée par une intellectualisation prisonnière des fausses faveurs que lui accorde le connu individuel.

   © Serge Simonotti.  Les extravagances mentales liées à l'extériorité.

 

 

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