Publié le 6 Mai 2024

La trouée établie dans la muraille mentale, il faudra se laisser rénover afin d’occasionner un Voir impersonnel juste en et par la Conscience devenue Plénière. André Gide a ressenti cette nécessité et l'exprime dans Les Faux-Monnayeurs (1) : je voudrais tout au long de ma vie, au moindre choc, rendre un son pur, probe, authentique. Presque tous les gens que j’ai connus sonnent faux. Valoir exactement ce que l’on paraît, ne pas chercher à paraître plus que l’on ne vaut. Rendre un son pur, sonner juste, sonner en résonance avec l’éloquence du saisissement et toute la force de l’inondation qui se produit et qui se trouve, par nature, être notre propre et irréfragable Capacité Naturelle de Voir ce que -et non pas qui- nous sommes Réellement: homoousie trinitaire, c’est-à-dire Nature Une spirituelle/non-psychique/non uniquement humaine. En diminution de ceci, l’individu « vrai », cela qui marche dans son labyrinthe dont les murailles ne sont pas fissurées, devra tout du moins tenter de discriminer les faiblesses et les forces qu’il estime personnelles du mieux qu’il peut ; cela lui permettra de ne rien ajouter de surérogatoire à la supercherie mentale qui soutient son blason moi-je.

   © Serge Simonotti

(1) Faux-Monnayeurs ; éditions NRF 1925.

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Publié le 6 Mai 2024

De la suprématie du mental, de l'idée archaïque d'être moi-je.

Nous étalons, tout au long du Travail et des Rencontres, un certain nombre des argumentations que l’on peut percevoir comme des flèches tirées d’un arc bandé de toute la force, la Puissance de l’Enseignant, qui ont pour vocation de permettre aux lectrices, aux lecteurs, aux participants des Rencontres, aux Aspirantes et Aspirants, de tenter l’aventure de la reconsidération des représentations classiques (qui s’inspirent de modèles existants -souvent générationnels-, de règles établies et normalisées au point d’être égal aux coutumes déployées sans plus en connaître l’origine). Cela implique une césure de tous les informateurs intérieurs et extérieurs - dont l’auteur de ces lignes - s’ils représentent le moindre danger d’une conversion (trans-formation, changement par retournement radical du sens d’un mouvement en cours) participative. Nécessité de se placer en retrait des œuvres imaginaires suscitées par ce que l’on nomme ordinairement le mental (1).Son importance et le danger qu’il représente sont toujours minimisés sinon ignorés, donc signe d’ignorance. Mais ce qui est extraordinaire à constater, ce mental omniprésent et tellement proche de l’idée que l’on a de soi est invisible au regard interne de l’individu. Considération de soi oblige. L’individu dépendant du mental « existe » selon le latin ex-stare « dépendance par un autre que lui-même ». Ainsi, cet individu ne dépend jamais de Lui-même selon sa Nature primordiale, son Identité Réelle. il n'en sait rien et ne le voit pas. Relevons des réflexions de R.A. Schwaller de Lubicz confiées à son épouse Isha : celui-là m’a terriblement gêné !... Je vois maintenant son jeu : il a été mon ennemi toute ma vie… je ne le croyais pas si féroce !... Je savais qu’il était l’obstacle, mais je n’avais pas reconnu toutes ses ruses, toutes les formes qu’il a pu prendre pour me détourner du chemin. Ces réflexions suffisent à nous faire reconnaître clairement la portée de l’enjeu et la force de l’ennemi. Or force est de constater que lors de la dernière Rencontre, l’identification aux élévations intimes s’est avérée impossible, et bien entendu, par cela, l’impossibilité d’une implication. Cela se résume : l’individu est toujours un sujet séparé de "élans internes" absolument différents de tout ce qu'il connaît ou ressent, comme le dévoilement, l'avancée, d'un autre monde, ou d'un autre soi ». Il les perçoit légèrement, mais jamais il ne les devient. Sujet identifié au "vieil homme" il est, sujet identifié au "vieil homme" il reste.

          © Sculpture et photographie Olivier Gillon.

 

(1) Ce que l’on dénomme mental suppose deux aspects distincts, leurs différences essentielles étant bien marquées : l’émotionnel et la raison, tous deux liés à une "tragédie générationnelle" et aux expériences vécues. Et il y a influence, l’émotion devant être raisonnée, la raison créant de l’émotion. Le problème majeur posé par le mental est son incapacité à connaître l’unité étant sans cesse tournée vers la diversité, la sienne et celle annoncée par l'extérieur, dont il ne peut appréhender les éléments que dans le souvenir des uns et des autres, et toutes les aberrations que cela suppose. Ceci est évidemment un résumé extrêmement succinct.

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