Publié le 29 Juillet 2025

Le soufi Yahya Ibn Mu’âdh (830-871) dit : « Je préfère un grain de moutarde d’amour à soixante-dix ans de culte rendu sans amour. » 

Une belle citation qui souligne l'importance de l'amour et de la sincérité dans la pratique spirituelle. Yahya Ibn Mu'âdh met en avant que la qualité et l'intensité d'un amour profond valent bien plus que la quantité d'actes religieux accomplis sans ce sentiment. Le véritable Amour spirituel implique une intention pure et authentique, même si "l'objet" soutenant l'intention n'est pas encore clair, mais défini par un véritable attachement, un lien intime ressenti dans le cœur envers ce que l'on peut appeler (pour faire simple) le divin. Cet Amour pousse à aller au-delà des intérêts personnels, des attentes. L'Amour spirituel se manifeste dans la constance, la patience et la persévérance, même face aux difficultés. Rien, aucune situation mondaine ne l'entrave ou prend priorité.

Il ne s'agit pas ici d'évoquer l'amour ordinaire, classique, humain en lequel existe toujours une bonne part émotionnelle, mais son revers, moins connu, moins "aimé", l'Amour en tant que liant d'unité en lequel l'affect ne peut prendre place. L'Amour Spirituel, l'Amour-Esprit est sans affect parce qu'il est Unicité. Bien entendu, ceci n'est pas du domaine de la vision psychique, toujours portée vers l'extérieur, qui dote la conscience humaine. L'humain assujetti aux contingences externes ne peut accéder à cela; il faudra qu'intervienne une métanoïa, un retournement radical en soi par rapport auquel l'individualité, le moi-je deviens secondaire.

Et c'est à ce stade que les lieux dévoilant cela se vide, et que leurs revers se remplissent en ces temps incertains. Mais tout est incertain, le bien et le mal sont illusoires parce que éphémères pour celle celui qui se tient dans l'Amour.

                                     © Serge Simonotti

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Publié le 28 Juillet 2025

Comment se fait-il que peut d'individus réussissent à maintenir une discipline assidue?

C’est une question essentielle, et les traditions spirituelles y répondent d’une seule voix : la rareté de l’assiduité vient de la difficulté à dépasser le moi-je, les distractions du monde, et la résistance intérieure au changement profond. Voici quelques raisons principales :

1. La résistance naturelle du moi-je
Le moi-je ou "moi conditionné", redoute tout ce qui le menace. L’exercice spirituel assidu vise justement à le transcender — à le rendre transparent à une réalité plus vaste. Cela suscite des résistances internes : paresse, doute, excuses, dispersion.

« L’esprit est plus difficile à contrôler que le vent. »
(Bhagavad-Gītā 6.34)


2. La séduction du monde extérieur

Nous vivons dans une culture de l’immédiat, du changement rapide, de la gratification, de la distraction permanente. Or, la spiritualité demande du silence, de la patience, et une intériorité profonde, souvent à contre-courant.

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence. »
(Romains 12:2)


3. Le manque de guidance et de structure

Beaucoup commencent sans accompagnement, sans méthode claire ni cadre. Mais la plupart des traditions insistent sur l’importance d’un maître spirituel, d’un guide ou d’une communauté pour soutenir la régularité.

« Celui qui n’a pas de maître, Satan est son maître. »
(Parole soufie attribuée à Junayd)


4. Des attentes irréalistes ou trop précoces

Certains abandonnent parce qu’ils n’obtiennent pas rapidement des « résultats » visibles. Mais la voie spirituelle est souvent obscure au début, comme la graine qui germe sous terre. Il faut confiance et endurance.

« Soyez comme le cultivateur : il ne s’impatiente pas, il arrose et attend. »
(Rūmī)


5. Le poids des blessures et des conditionnements

L’homme moderne porte souvent des traumatismes, des blessures affectives ou des conditionnements psychiques qui l'empêchent de se poser, de se recueillir, de faire silence. Le chemin spirituel peut réveiller des résistances enfouies.

« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. »
(Matthieu 5:4)


6. Le plus important, ce qui est vital:
Le manque d’amour véritable pour le Divin
L’assiduité ne peut venir que d’un amour sincère pour la Vérité. Or, beaucoup cherchent encore des consolations ou des réponses intellectuelles, plutôt qu’une vraie union.

« Quand tu Le chercheras avec tout ton cœur, Il se laissera trouver par toi. »
(Deutéronome 4:29)

« Celui qui M’aime, Je l’aimerai, et Je deviendrai l’ouïe par laquelle il entend. »
(Hadith Qudsi)


                                      © Serge Simonotti

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Publié le 28 Juillet 2025

L’assiduité dans l’exercice spirituel : chemin universel vers la Connaissance

Dans toutes les grandes traditions religieuses, un principe fondamental relie les chercheurs de vérité à travers les âges : l’accès à la véritable Connaissance - celle qui éclaire l’être de l’intérieur - ne peut être atteint sans une pratique spirituelle régulière, patiente et sincère. Cette assiduité n’est pas une simple discipline extérieure : elle est la clef d’une transformation de l’âme, d’un dépouillement progressif de l’ego, d’une ouverture à une réalité plus vaste que celle que le mental seul peut saisir.

L’exercice spirituel - qu’il s’agisse de la prière, de la méditation, du dhikr, de l’étude des textes sacrés, du jeûne, de l’attention silencieuse ou du service désintéressé - n’a pas pour but premier d’apaiser l’esprit ou de satisfaire une quête émotionnelle, mais de creuser en soi un espace de réceptivité à la Vérité. Il s'agit de « faire place », de tailler la pierre brute, de purifier les filtres de la perception. Sans cette persévérance, l'âme reste prisonnière des illusions du monde sensible et des conditionnements de la pensée ordinaire.

Dans le soufisme, par exemple, on parle du travail du cœur, un effort constant, parfois austère, mais toujours fécond, qui permet à la lumière divine de se refléter dans l’être. Le dhikr, invocation répétée du Nom divin, n’agit pas par magie mais par transformation progressive du souffle intérieur. De même, dans le christianisme ancien, les Pères du désert affirmaient que seule une ascèse vigilante, vécue dans l'humilité, pouvait préparer l’homme à la vision du Logos. Dans l’hindouisme, la sādhanā est une discipline vitale, car sans elle, aucun éveil n’est possible. Le Bouddha lui-même insista sur la pratique quotidienne de la pleine conscience comme chemin vers l’Éveil.

La Connaissance véritable - gnosis, ma‘rifa, jñāna - n’est pas un savoir intellectuel. Elle est union, co-naissance : une participation à une réalité plus grande que soi. Et cette union suppose une disponibilité de l’être tout entier, qui ne peut s’acquérir que par une fidélité patiente à l'exercice spirituel. Ce n’est pas l’intensité d’un instant mystique isolé qui éclaire l’âme, mais la constance de la flamme dans la nuit.

Aucune religion authentique ne fait l’économie de cette exigence. Toutes reconnaissent qu’il faut « se faire pauvre » pour être rempli, qu’il faut veiller longuement avant que l’aube ne se lève. Ainsi, la pratique spirituelle devient un acte d’amour et de confiance, un engagement total dans la durée. Car la Connaissance, celle qui sauve et transfigure, ne se donne qu’à ceux qui la cherchent avec ferveur, persévérance, et fidélité.

Également, l'ArkhêoHiéroKosmogamie ne fait pas l'économie de la pratique spirituelle patiente, longue et silencieuse notamment à travers huit Postulats.

 

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Publié le 15 Juillet 2025

Avec beaucoup de retard, ce quatrième numéro des moissons de l'Œil parait enfin et avec une nouvelle première et quatrième de couverture. 

Toutes mes excuses aux différents auteurs et tous mes remerciements à Christine Dilmi, sans elle, rien n'aurait été possible, cette belle revue ne serait pas sortie des Possibilités multiples offertes par l'Esprit.

Beaucoup de retard pour un ultime numéro 4. Mais c'est un beau numéro 4. "Légèrement heureux" d'y voir Frédéric, Maxime, Christine D., Claire très fidèle depuis le premier numéro d'Avril 2024; et puis Valérie, belle âme (comme l'on dit).

Le temps est venu de la non-dispersion, l'ArkhêoHiéroKosmogamie requiert maintenant toute mon attention. Et c'est bien dans le sens de Deutéronome 6; 5: Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Pas de temps, pas d'efforts, pas de concentration pour d'autres directions. Pointer vers la Nuit lumineuse et Voir.

MERCI

Les moissons de l'Œil; coolLibri.com  rubrique Bibliothèque: tapez serge simonotti dans la barre de recherche.

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Publié le 4 Juillet 2025

Un jour, je rejetai toutes notions de mon esprit. Je renonçais à tout désir. J’éliminai tous les mots avec lesquels je pensais et me senti en paix. J’éprouvais une impression un peu étrange, comme si j’avais été transporté dans quelque chose, ou comme si nous touchais quelque puissance inconnue…et ztt ! J’entrai. Je perdis les limites de mon corps. Ma peau était toujours là, certes, mais j’avais l’impression d’être au milieu du Kósmos. Je parlais, mais mes paroles avaient perdu leur sens. Je voyais des gens venir vers moi, mais ils étaient tous le même homme. Tous étaient moi-même ! Je n’avais jamais connu ce monde. J’avais cru que j’avais été créé, mais alors « nous » devais changer d’avis : « nous » n’avais jamais été créé, j’étais le Kósmos ; il n’y avait plus de M. Sasaki !(1). 

Et tout ce dont l'ArkhêoHiéroKosmogamie parle et propose (sans mercantilisme) tient en ces quelques mots : un jour je rejetai toutes notions de mon esprit. C'est bien cela le centre d'intérêt, l'obligation (même si ce terme sera rejeté par la junte bien pensante de la spiritualité d'occasion, de seconde main), l'obligation première, le premier travail comme un premier désir. Cela prend du temps et cela prend de la place, beaucoup de place; ce qui fait que "cela-moi" se vide. Alors, premier bol de vinaigre, tout ce qui n'est pas ce "vide" prend l'apparence de l'inutilité, d'une perte de temps, c'est-à-dire, devient illusoire bien que continuant à se dérouler.

Et ce rejet est le chemin qui conduit à la Voie de Connaissance.

                            Sokei-an Sasaki Image empruntée au sitehttps://www.wisdom2be.com/ 

 

(1) Sokei-an Sasaki (1882-1945) moine et maître bouddhiste zen. Extrait de Zen Notes, volume 1, numéro 5 repris par Alan W. Watts dans son ouvrage Le Bouddhisme zen, éditions Payot petite biblio page 171.

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Publié le 3 Juillet 2025

L'ArkhêoHiéroKosmogamie l'exprime oralement dans ses Rencontres et également dans ses écrits en apportant les compléments d'informations nécessaires: Il n’y a pas de chute, pas d’expulsion d'un Paradis terrestre, pas de faute commise par Adam, qui n'est pas un nom propre donc, pas un individu, mais l'idéation même de l'Humanité en étant Intention Naturelle-Intellect et pas plus par Ève qui symbolise l'Âme Principe. Quant au serpent, laissons-le être symbole de la Connaissance vraie.  Genèse 3, 21 et 3, 23. L’individu cherche à distance de lui ce qu’il est déjà. Cela est exprimé de mille façons depuis toujours. Mais qui Écoute, Entend et Réalise ? Pour cela, il faut que s'effectue une véritable métamorphose afin de devenir conforme, en conformité de verticalité, en conformité d'Harmonie, en conformité de Connaissance. Or en cela l'individu, le moi-je, celle celui qui veut la Connaissance, l'Éveil, la Métanoïa pour eux-mêmes et y participer ne peuvent rien. C'est une réalité. Il n'y a pas de résurrection sans crucifixion! Pas de Connaissance sans perte du savoir despote, pas d'Éveil sans endormissement de l'individualité dirigeante.

Le fait que l’individu cherche à distance de lui ce qu’il est déjà, souligne la nature souvent illusoire de la quête extérieure, alors que la véritable transformation commence en soi, par une Métanoïa, un retournement réel, non mental (aspiration réelle pendant les Rencontres, retour à la conduite classique en dehors) un changement de regard et de conscience, mais qui s'opère sans participation égotique. La métaphore de la crucifixion et de la résurrection évoque que pour se laisser saisir, il faut laisser derrière soi et ne pas se retourner, quoi qu'il se passe dans la plaine du monde. c'est cela le prix de la renaissance a une compréhension plus profonde.

 

   © Serge Simonotti  Mont Saint Odile.

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