Publié le 28 Février 2022

La modestie d'un commencement

Il va sans dire que poser un premier pas sur le chemin qui mène au cœur d’une non-voie n’est pas sans prendre le risque de se rendre compte de non la nécessité d’un soi-même connaissant. Cela dévoile un climat intérieur apaisé ou une épouvantable tragédie identitaire.

Or, c’est bien de cela qu’il s’agit aujourd’hui comme pain de nécessité : un climat intérieur apaisé. En effet, comment apparaitre au regard de ce qui est translucide en un soi profond, si l’opacité, (le nuage de particules mentales « raison/émotions"), n’est pas apaisée ?

Comment atteindre ce climat particulier, ce tronc central immuable, silencieux et dénudé de tout maintien, alors que feuilles et branches dansent avec les vents ?

La première absorption en soi est une longue et lente réflexion non mentale, c'est-à-dire « laisser se réfléchir sur soi », sans participation, sans analyse, sans intervention.

Une longue pause d’avec ce moi trop connu, si normalement accepté, cet interprète constant de tout ce qui s’élève au sein du Lieu Global que nous sommes.

Lenteur et fermeté. Fermeté dans le sens de fixité, paix.

VOIR ce que qui se révèle et se voir au sein de cela, intégré en cela, être cela. Ni observateur ni observé. Imagination psychique au début…et, quand il y a assiduité (quantité et qualité) apparition d’une Réalité présente au-delà de l’imaginaire psychique sur laquelle il faut (ici) garder silence.

Cette première attitude en soi est un nouveau socle. Elle détrônera la considération banale de soi et désamorcera toute vanité spirituelle. Cette vanité qui fait que le « cherchant spirituel » est plus grande, plus importante que l’objet de sa recherche.

Les promulgations développées par le Voir au-delà des sens sont propres à chacune et chacun. Elles ne peuvent entrer en comparaison ni en conflit. L’Intimité en soi est une diète d’extériorité, une solitude choisie. Non dans le sens de solitaire ou d’esseulé mais dans celui d’unique. Car ce qui est unique est intégralement Seul.

L’Intimité en soi est aussi naturelle, c'est-à-dire sans modifications, sans ajouts et sans retraits. Elle est donc suffisante dans l’aujourd’hui du pas accompli.

Ces propos n’iront pas sans une certaine incompréhension : n’avons-nous pas été éduqués dans le sens de faire au mieux, d’aller plus loin, plus haut, plus profond ; de réussir ? N’avons-nous pas été éduqués dans l’esprit de la victoire et de la défaite, du positivisme, du libre arbitre personnel et de la loi de causalité ?

Il nous paraît pourtant que ce « commencement » est incontournable, indispensable pour celle ou celui qui, en vérité, en Réalité, ressent le besoin - peut-être- dû à une nostalgie, une mélancolie inexplicable de se reconsidérer et de reconsidérer sa présence, son « pourquoi ? »

               

                                      © Serge Simonotti.               

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Publié le 15 Février 2022

Un paradis personnel, impersonnel, inné?

Rappelons les paroles qui terminaient la plupart du temps les contes au Népal :

Des colliers de fleurs pour celui qui conte,

Des colliers d’or pour ceux qui écoutent,

Que cette histoire aille vite en paradis

Pour me revenir sur les lèvres

Au moment de la conter de nouveau.

Beaucoup verront en ces paroles poétiques un aller-retour imbibé d’extériorité. C’est ce qu’indique la lettre qui ne va jamais assez vite. Mais où se trouve donc ce paradis ? Ce serait une vision d’aveugle de répondre en soi. Cela dénotera de nouveau une distance. Le paradis est soi quand un Champ Naturel inné et intuitif a envahi les lagunes mentales. La Conscience Globale perd son jardin cosmique quand elle s’éteint sur le parvis de la conscience classique. Elle se retrouve immédiatement en son jardin quand l’effondrement du Champ est opératif, c’est-à-dire, quand le Champ joue son rôle de réunificateur.

N’y a-t-il pas en ces mots la présence de l’Écoute juste et de l’Immédiateté qui installe naturellement une Connaissance innocente sans lendemain ? Inutile de courir vers un paradis (quel que soi le sens que l'on accorde à ce mot) s’il n’est pas déjà en chaque cellule de notre corps, en chaque alvéole de nos poumons, en notre bouche, en nos mains, en nos pieds, en notre esprit. Car quelle part de nous-mêmes pourrait courir après cela ?

Pour l’enfant, le jouet est intéressant le temps qu’il est intéressant. C’est-à-dire le temps qu’il est expérimenté, en un mot, usé. L’enfant est bel et bien dans l’Aujourd’hui. Nos questionnements se doivent de devenir ce jouet jeté et oublié une fois expérimenter. Il faudra pour cela passer de l’adulte raison mécaniqueà l’innocence enfantinesans lendemain : …en voyant cela, Jésus s’indigna et leur dit : laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux ; en vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. Évangile de Marc 10, 14-16 ; Matthieu 19, 13-15 ; Luc 18, 15-17. Chez Luc, le terme bébé (1) est mis en avant tout en proposant aussi celui d’enfants.

Le quatrième logion de l’Évangile de Thomas dévoile aussi l’importance de l’Innocence (ce qui, par nature, n’est pas nuisible) à laquelle il faut revenir : Jésus a dit : l’homme vieux dans ses jours n’hésitera pas à interroger un tout petit enfant de sept jours (chiffre de la totalité humaine, féminine et masculine à la fois) au sujet du lieu de la vie, et il vivra, parce que beaucoup de premiers se feront derniers, et ils seront Un. Ajoutons ici ce qui n’est pas un détail : l’évangile de Luc 2-21TOB stipule ceci : 8 jours plus tard, quand vint le moment de circoncire (Yéshoua)… L’enfant de 7 jours est donc l’enfant vierge de la marque humaine, vierge de la marque de la tradition religieuse traditionnelle installée dans la continuité d’une éternelle attente. Avançons jusqu’à dire qu’il est l’Innocence dans le sens de pureté, mais, essentiellement, dans le sens d’Universalité.

Notons encore ceci: les paroles des évangiles ici citées ne sont pas associées à un dogme quelconque, ce qui obligerait à être placé sous le joug de l'imitation et non de l'Authenticité Naturelle en soi.

 

(1)˙Le substantif masculin bébé semble mieux convenir que le substantif enfant. C’est au huitième jour que le bébé recevait la Brith Mila, la circoncision. Qui, classiquement confirme le rapport à Dieu. Yéschoua parait contrarier la tradition par le fait que c’est avant la circoncision que le bébé, par son Innocence -non marqué par une tradition cultuelle- connaît le lieu de la vie.

                                     © Serge Simonotti.

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Publié le 29 Janvier 2022

Piet Mondrian (1872-1944) est un peintre néerlandais. il est l'un des précurseurs et maitre de l'abstraction. Ces trois tableaux proposés ici démontrent un processus d'abstraction qui n'a plus rien à voir avec une représentation postimpressionniste. Mondrian s'évade de la forme au fur et à mesure des années. Sur trois ans la perte des contours est extraordinaire. Il cherche la loi universelle qui sous-tend la nature.

Cette démarche est aussi celle qui s'impose à celle ou celui qui s'approche de la Hiérokosmogamie: passer du "figuratif" intérieur/extérieur lié à la conscience classique et entrer dans l'abstraction, c'est à dire dans la simplification de l'être qui se dégage de toutes imitations.

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Publié le 25 Janvier 2022

Il n'y a rien à transformer.

Juste se laisser atteindre l'eau profonde.

 

Toutes les démarches et les pratiques que l’on peut entreprendre ne sont que des emplâtres sur une jambe de bois.

Pratiquer un exercice ou suivre une démarche particulière c’est admettre qu’il y a quelque chose à transformer ou quelque chose à trouver. Le problème est dans ce cas insoluble car c’est avec ce qu’il faut transformer ou par ouï-dire que l’on pratique. La personne qui cherche à se libérer (à se délier) le fait immanquablement avec la personne liée (Noeux psychiques) qu’elle est. Mais, je l’ai constaté, peu de chercheurs spirituels s’admettent liés. Toutes conceptions d’enseignements, de démarches ou de pratiques dite spirituelles implique trop souvent un contexte d’extériorité. Il ne peut y avoir dans le processus « d’intimation lumineuse » la moindre idéation d’une avancée, un rapprochement voulu du moi vers le soi, mais la consumation de la confusion (différenciation).

 

*

Les rencontres de la Hiérokosmogamie sont le lieu témoin d'un essor délié des frasques et soubresauts désireux d'un psychisme en cours de dévalorisation. Rien n'a préparé l’humain attaché à un psychisme mythique aux éclosions internes/externes du Talent originel -ce que je nomme "attribut". Pour la plupart, rien ne permettait de soupçonner une telle nouveauté, rien ne soupçonnait un possible de Duc In Altum, d'aller en eau profonde, ou d'être capable de jeter le filet à droite de leur "embarcation personnelle". Rien ne permettait d'entrevoir une pêche miraculeuse. Quand s'impose cette traversée, ce passage, l'être concerné ne ressent pas son propre être comme une création indépendante, mais comme une globalité dépendant entièrement de l'Origine Naturelle de toutes choses, c'est-à-dire le total effacement d'un moi limité. C'est en cette globalité qu'apparaît l'aperception ou l'intuition, véritable germe qui cherche, à travers l'esprit de l'homme, à se révéler en une conceptualisation structurée pour atteindre, par les "mains", le corps, à une présence manifestée. Nous sommes dans l'axe même de la démarche spirituelle (en esprit par l'Esprit). Contre Jésus il sera dit : Auriez-vous donc été abusés, vous aussi ? Parmi les notables ou parmi les Pharisiens, en est-il un seul qui ait cru en lui ? Il y a un ensemble de personnes qui ne connaît pas la Loi. "Qui ne connaît pas"! Ainsi, c’est une inconnaissance, une déliaison de l'idée d'être, de la vanité de savoir. Le miracle intervient toujours quand il n'y a pas de buts présumés, quand l'impossible est la seule force d'action, non pas pour dépasser l'impossible, mais pour se laisser engloutir, diminuer, perdre les valeurs répétitives, et s'ouvrir à ce qui survient et qui ne peut qu'être Neuf, une Connaissance sans la nécessité d'un lendemain. Une nouvelle naissance. Ainsi pour Olivier. Nous lui avons demandé, quand l'action de sculpter s'est imposée, de ne jamais passer d'une sculpture à l'autre sans l’augmentation de la difficulté, sans jamais se laisser aller au piège de la répétition, mais, de laisser l'inconnu salvateur imposer sa loi: passer au-delà, passer notre propre Jourdain, passer de l'acte psychique personnelle à l'action spirituelle impersonnelle, gratuite, l'action par l'Esprit nu. L'attribut (le Talent), est une vertu, une vertu théologale, si l'on retient le caractère indissoluble de la pure et inaltérable filiation Origine Esprit Âme, Âme-Homme, âme-homme. Il s'agit de percevoir la différence, de savoir distinguer ce qui demande expression à partir du psychologique, et ce qui demande paroles et actions à partir du spirituel, de l’Esprit. Cette distinction est le premier labeur de toute personne engagée en sincérité dans un enseignement spirituel. Et si long peut parler de "dévoilement", il serait plus honnête de parler de "déchirure" ouvrant une nouvelle naissance. La nouvelle naissance, est la mise en action libre de toutes les contingences connues et inconnues en l'humain. C'est en cela que l'on reconnaît la véritable valeur du cœur libéré de l'homme, de la chair libérée de l'homme. Il n’y a plus, à ce stade, de parler de centre, mais de globalité.

 

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Publié le 21 Janvier 2022

Nous lisions, à la fin d'un article sur la structure et la résistance des coquillages bivalves - comme la palourde- (qui dirigent les contraintes vers leur charnière et vers les bords extérieurs) et univalves spiralés -en forme de vis- (qui dirigent les contraintes vers leur partie centrale et vers leur plus large extrémité) la question suivante: La forme des coquillages est-elle le produit du hasard? Ou d'une conception? Qu'en pensez-vous?

La Hiérokosmogamie pourrait ajouter une nouvelle question: la forme des coquillages est-elle déterminée sans que cela ait à voir avec un concept de commencement? Qu'en pensez-vous?

Il ne s'agit pas de penser ou d'effectuer une recherche, ou pour rejoindre la note précédente, "d'avoir une opinion" mais de se laisser imprégner par la question sans y répondre d'une part, et d'autre part de ressentir la forme du coquillage. C'est un instant de Silence, d'abandon de soi en ce que l'on ne connait pas de Soi qui laisse surgir un espace plus vaste qu'une réponse intellectuelle (consciente) distinguée uniquement par la forme du coquillage (domaine supérieur, du dessus), mais un espace s'élevant d'un domaine antérieur (inconscient).

C'est ainsi que s'appréhendent les rencontres régulières liées à la Hiérokosmogamie.

 

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Publié le 21 Janvier 2022

La mesure perturbe les phénomènes;

l'opinion annule une possible Intuition étrangère à l'aspect psychologique de l'homme.

 

" La science s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion; de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal; elle ne pense pas; elle traduit des besoins en connaissances (...) On ne peut rien fonder sur l'opinion: il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter." (1).

Nous avions exprimé aux Écoutants, à l'époque ou la Hiérokosmogamie était encore Théokosmogamie, les paroles suivantes -que l'on perçoit sur l'image d'accueil du blog-:

"La transmission intrinsèque de la Théokosmogamie est illusoire. Rien n'est transmis d'homme à homme, d'émetteur à récepteur, qui ne passe à travers les filtres psychologiques du récepteur. Le récepteur doit se laisser départir du climat psychologique et se laisser intégrer par un climat -Champ- immuable. Ce Champ, qui se veut être Naturel, peut être nommé "âme"...si ce terme n'est pas sentimentalisé ou tributaire d'une métaphysique mondaine liée aux opinions de tout un chacun. La Vision intime émanant du Champ est Unique (Seule). Il y non élévation mais antériorité définie en un espace non corpusculaire. L'aperception ou l'intuition naissant à ce stade est une vérité vraie propre à elle-même. Si cette intuition se "matérialise" en pensées et sensations d'abords, donc sur le plan conscient classique, elle n'appartient pas à l'homme (image-moi). Au contraire, elle en prend possession pour se formaliser."

Le plan conscient classique est le lieu même d'où s'élève l'opinion. C'est le danger principal qui est à l'œuvre lors de nos rencontres. Comme le dit Gaston Bachelard, elle est le premier obstacle à surmonter.

(1) Gaston Bachelard (1884-1962) philosophe français.

 

   © Serge Simonotti.

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Publié le 7 Janvier 2022

Se laisser fondre en toute tranquillité... si possible.

Lors de l'observation d'un bouton d'or -ou d'autres fleurs- on remarque ceci: lorsque la pleine lumière les éclaire, ils sont grands ouverts; par temps gris, presque refermés. Constatations faciles...et question automatique: est-ce le soleil qui déclenche l'épanouissement, ou est-ce la fleur qui réagit, qui se protège? Est-ce elle qui décide du moment? La tendance serait d'aller consulter quelques logiciels. Le meilleur serait de laisser aller l'inspiration, de tenter de rester fasciner par le processus, de prendre le temps de laisser intervenir l'au-delà de l'interprétation du processus visible, de laisser se geler la nécessité d'un savoir AVANT l'intervention  d'une transsubstantiation entre l'observateur et l'observé.

Dans l'Eucharistie, changement total de la substance du vin et du pain en la substance du corps du Christ. alors que les espèces vin et pain restent les mêmes.

La Substance en l'espèce "bouton d'or" et la Substance en l'espèce "observateur" s'interpénètre et se reconnait. Tout savoir peut intervenir après cela. Ce sera dans ce cas, VRAIMENT la Connaissance du DEUX, sans obtention d'un élément supérieur à l'autre.

C'est tout l'achevé proposé par la Hiérokosmogamie à celles et ceux qui marchent en parallèle avec Elle.

Bois l'eau de ta propre citerne,

l'eau jaillissante de ton propre puits

Livre des Proverbes 5,15.

À condition que l'eau jaillissante et le puits ne soit aucunement lié à un je intentionnel et une considération de soi porteur des galons propres à un Général.

 

 

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Publié le 29 Décembre 2021

L'enseignement extérieur ne crée que de l'extériorité.

"Chercher les mots, chasser les phrases, quand cela finira-t-il ?

Estimer le savoir, recueillir les connaissances, tout cela rend fou.

 Confiez-vous simplement à votre propre nature, vide et éclairante.

   Au-delà, je n’ai rien à enseigner."

                                                                                                Bankei   

C'est ainsi que nos rencontres se passent avec les êtres les plus "poreux"; ceux qui ne se trompent pas sur le sens de "votre propre nature", ceux en qui s'est résolvé le problème posé d'embler par "la part des choses", la part spirituelle, la part psychologique, la part physique. Une trinité qui se doit de laisser émerger son point de sensibilisation.

Tout le poids des rencontres se tient là: présence, silence, paroles émergentes, gestuelles libérées. Ce tout, léger comme une plume portée par le Souffle. 

                                                               

                      © Serge Simonotti                                                                                  

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Publié le 28 Décembre 2021

Une possible Innocence.

L’Évangile de Matthieu 2, 16 rapporte un massacre des innocents, massacre de tous les enfants de deux ans et moins. Si cette vision extériorisée est inversée et dégagée d’un concept religieux, moral et historique, il devient possible d’interpréter ce massacre en tant que massacre d’un état Naturel en soi en vue de l’avènement de la complexité, donc de la séparabilité. Massacre de la Beauté Naturelle, de la constante d’harmonie, qui efface toute possibilité de rééquilibrage de la conscience conventionnée. Mais il faut précisément en passer par là pour que, sous la sèche caresse d’un vent mordant, s’élève en nous un climat d’inquiétude faisant vaciller nos certitudes permettant l’ouverture d’une brèche dans notre forteresse jusqu’ici inviolable.

Pas d’innocence, de pauvreté (1) d’esprit sans réorganisation de l’immense richesse psychique mal orientée. Rien ne passe à travers un mur si une trouée n'est pas amorcée en lui, une trouée introductive, une fissure suffisamment profonde permettant de subodorer un dedans, une profondeur antinomique constituant une dépression susceptible de compromettre la nécessité illusoire de la muraille. C’est bien de l’intérieur que la dépression exerce, c’est bien une intériorité Naturelle, un ensoi Naturel qui se propose de Souffler sur nous, et non l’inverse.

Il faudra, la trouée établie, se laisser sustenter afin d’être rénové par un Parler vide de tout vocabulaire et plein de potentialités en attente d’émergence pour que la virginale Pensée Naturelle intramuros -l’Intention Naturelle- puisse sonner juste en et par la Conscience devenue Globale en l’homme selon ses attributs naturels, et comme l’écrit André Gide dans Les Faux-Monnayeurs (2)  : Je voudrais tout au long de ma vie, au moindre choc, rendre un son pur, probe, authentique. Presque tous les gens que j’ai connus sonnent faux. Valoir exactement ce que l’on parait, ne pas chercher à paraitre plus que l’on ne vaut. Rendre un son pur, sonner juste, sonner en résonance avec l’éloquence du saisissement, par toute la force de l’inondation intelligente qui se produit et qui se trouve, par nature, être notre propre et irréfragable Capacité Naturelle de percevoir.

Cette Innocence demande une intimation, c'est à dire une introspection non destinée aux aspects psychologiques de la conscience de surface. Cette membrane se laisse traverser avec docilité pour peu que l'on ne lui accorde pas le mérite qu'elle pense digne de recevoir. L'intimation est d'un autre ordre, forte d'un autre langage chargé  "d'images" universelles. 

Cette introspection se doit d'être soutenue, non pour atteindre un résultat, un but, mais pour se défaire de l'intervenant, de l'exécutant. Cela ne demande pas de courage, ni d'abnégation. Rappelons que la Hiérokosmogamie est liée au déterminisme non classique. Pas de libre arbitre; l'introspection est présente ou n'est pas présente déjà.

Celle et ceux que nous rencontrons régulièrement connaissent bien cette "impossibilité de faire par soi-même". Pour les uns un au-delà de la liberté psychologique, pour les autres, un désarroi.

    © Serge Simonotti.

 

1) Famille de la racine *pau en petit nombre. En latin pauvreté est issu du latin pauper qui produit peu et paucus peu.

2) Faux-Monnayeurs ; éditions NRF 1925.

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Publié le 22 Décembre 2021

pour les personnes qui ont participé à la dernière rencontre.

 

C’est en général à l’intérieur (au cours) de l’existence psychologique que s’effectue la recherche spirituelle, la recherche de l’Esprit intentionnel, elle s’en échappe rarement. L’éprouvé vécu de temps à autre reste inclus, attaché à l’existence linéaire. Elle reste un vécu attribué à la personne. Le fait que l’Esprit bien que dans le monde ne soit pas de ce monde est très rarement perçu. L’Esprit ne répond pas aux règles qui régissent la mouvance et les conceptions psychologiques familières, il est transmutant, propre à transfigurer la nature psychologique en l’alliant à la Nature Spirituelle. Mais il s’agit bien, et c’est le plus difficile pour celui qui ne se quitte pas en premier lieu, de s’assoir au bord de son propre monde, de lui montrer son dos, non pour l’abandonner, mais pour le retrouver rénové en lui et devant lui.

Il y a toujours cette inévitable "histoire" qui s'interpose, c'est elle qui écoute, qui réfléchit, qui commente, qui récupère. C'est en cela que se tient tout le drame.

 

   © Serge Simonotti.

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Publié le 5 Décembre 2021

Ce qui est premier aujourd'hui sera dernier (c'est pourtant déjà le cas), ce qui est dernier aujourd'hui sera premier (c'est pourtant déjà le cas).

Ce qui me parait être le principe même d'une recherche spirituelle authentique est de rallier un espace dit "intérieur" (on verra que ce concept implose à un moment donné), ce qui implique une différenciation avec l'évènement extérieur. Tout en gardant à l'esprit que différenciation ne veut pas dire abandon. Ce ralliement ne tient pas du libre arbitre définit par un "moi je veux…" ou "moi je décide…". Il se trouve en dehors d'un je intentionnel, au sein d'une liberté sans cause, d'une liberté acausale. Pour laisser entendre cette phrase, j'en appelle à monsieur Laurand Lavaux*: l'homme d'action ne peut jamais être absolument libre, puisqu'il doit s'adapter aux exigences et aux limites fixées par le monde dans lequel il agit: il s'en laisse imposer. Cela nous permet de rectifier une erreur d'interprétation due à l'emploi commun du terme "déterminisme". Je nomme "déterminisme classique" ce qui soutient la limpide réflexion de monsieur Laurand, alors que la Hiérokosmogamie nomme "Déterminisme non classique" ce qui est de l'ordre de l'Intention Naturelle dont j'ai déjà parlé. Un Déterminisme enraciné en la Substantia Natura. Là se tient toute la distanciation entre la volonté humaine en tant que point de départ de tout ce que l'homme décide et fait, et la Volonté -que l'on peut nommer divine- qui se sensibilise à travers l'homme, par le biais de ses Capacité Naturelles. La présence au sein de la Hiérokosmogamie nécessite la connaissance de ces Capacités Naturelles. Il est dramatiques de voir le libre arbitre psychologique (jamais remis en cause et pourtant bien bousculé depuis deux ou trois décennies) étouffer les Capacités Naturelles en nombre d'individus. Or le fait que ces Capacités soient Naturelles les fusionnent à ce qui est ontologiquement Naturel, la Substantia Natura, la Substance Naturelle sans commencement et sans fin.

* Monsieur Laurent Lavaux est agrégé de philosophie et docteur en philosophie ancienne. Il participe à la traduction intégrale des traités de Plotin. 

   Aquarelle chinoise: les aveugles. Je donne le sens suivant au terme aveugle : en dehors des capacités Naturelles.

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Publié le 27 Novembre 2021

J'ai reçu ce matin quelques mots d'une amitié confiante, quelques mots d'une amitié transformée en un état qu'il serait vulgaire d'étiqueter. Quelques mots accompagnés de la photographie d'une nommée "pièce" ou "sculpture". Pour cela aussi les mots employés sont vulgaires. Voir la forme d'abord qui reflète "la" forme parfaite, voir ensuite une petite chose ajoutée qui reflète la forme parfaite. Voila, le regard conventionnel à eu sa nourriture. Alors, subitement, un Voir involontaire prend le relai, un Voir que le moi personnel ne peut atteindre, qu'il ne connaitra jamais, que la volonté personnelle n'atteindra jamais. Un Voir qui n'est pas porté à l'extérieur, mais à l'intérieur de ce qui ne peut plus être nommé soi ni Soi. Cette intériorité est identique à celle qui se trouve dans cette forme qui ne peut plus être nommée, et identique à celle de l'homme dont, involontairement cette forme a émané. Nous sommes bien 3 en 1 ou 1 en 3. Nous sommes bien 0, mais plutôt O.

Merci cher Ami.

L'esprit empli de l'image envoyé, il serait incongru d'en présenter, comme à l'habitude une différente. Et bien sur incongru de partager (comme l'on dit aujourd'hui) l'image qui m'est parvenue. Au terme "partager", je préfère celui de semer une graine non F1, toujours la même de façon continue.

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Publié le 26 Novembre 2021

Ne rien enseigner pendant la rencontre,

c'est offrir l'Écoutant

à lui-même.

Qu’est-ce que la réalité dont chacun parle à sa façon ? Une interprétation continuelle du monde sous les feux de nos projections. Existence imaginaire, mais bien réelle dans l’enclos du mensonge mental. Quel accouchement est le nôtre dans ce cas, sinon des rejetons stériles. La stérilité donnant naissance à la stérilité.

Il ne peut, en ce cas, y avoir d’enseignement spirituel dans le sens de professer, de démontrer, d’instruire ; mais dans le sens de faire « connaître » ce qui peut l’être et de n’indiquer aucune direction, c’est-à-dire aucun but, aucun aboutissement. Cette non-marche se fait d’elle-même dans la solitude intérieure. Cela requiert d’offrir, de la part du Parlant un minimum de contenu. Cela laisse de la place à l’Intelligence de celui qui reçoit, l’Écoutant. Cette Offrande, pauvre en quantité, mais riche de son poids déséquilibrant est l'occasion de suppléer la normalisation sécuritaire instaurée par la tragédie générationnelle, un possible de réorientation, de réajustement ordonné des capacités personnelles menant à un agir global impersonnel, d’être saisi par une flamme dispensatrice d’une consumation échauffante, une langue de feu qui nous laisse vides de cette illusion cloisonnée qui a été « moi », moi sans l’autre, moi sans l’Autre qui pourtant n’est jamais l’Autre sans moi. Un véritable Nirvana ! Mais dans le sens étymologique de ce terme : extinction (de toutes pensées, sensations, volonté, quand celles-ci sont authentifiées comme étant personnelles, liées à un moi-commencement, un moi-premier). Aucun savoir personnel possible. Personne qui sait, personne qui ne sait pas.

Le drame (pour la plupart) se tient en cela : pas de participation possible. Alors, comment faire si l’on ne peut rien faire, surtout quand la participation à un travail spirituel implique toujours dans l’esprit du participant le fait de recevoir ce pour quoi il participe. Mais que pourrait-il recevoir qu’il ne se donne à lui-même ? Que pourrait-il recevoir sinon lui-même ? Recevoir de l’extérieur implique le fait de devenir de plus en plus étranger à soi-même, de plus en plus étranger à notre identitaire Nature Une commune. Chaque femme ou homme n’est pas une succursale jouissant d’une autonomie segmentée. Chacun est la Nature même de l’Unité sensibilisée. En fait, chaque femme ou homme est femelle mâle. Unité sensibilisée en deux égalités, Repos/Mouvement.

Quel intérêt d’apprendre à notre état psychique quoi que ce soit sans que soit jamais reconnu l’état intemporel, la Nature Une si proche en chacune et chacun ? L'état ordinaire est l'appropriation, la dissection, l'interprétation. L’Information Naturelle interne devient un renseignement externe, une déformation supplémentaire qui éloigne davantage de l’immanence.

C’est bien en cela que se tient la confondante rencontre avec la Hiérokosmogamie. Une rencontre liée à un déterminisme non classique.

 

                  © Serge Simonotti.

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Publié le 8 Novembre 2021

Esprit et esprit, écoulement (sensibilisation) de l'Immatériel en direction d'une forme de matérialité.

Il faut nous entendre sur le terme spirituel, l’extraire de la gangue que lui accordent les religions organisées qui l’associent toujours, par distanciation (non vécu), à un au-delà sur naturel, et l’extraire aussi de cette désastreuse hégémonie profane que lui accordent les pléiades d’enseignements auto proclamés -valeurs morales, intellectuelles, amélioration de soi, non-matérialité- et lui redonner ses lettres de noblesse. Ce qui est spirituel n’est pas sur naturel, mais Naturel étant la condition même de la qualité de l’esprit de l’homme en toute sa valeur d’Intelligence, et par suite, d’intellectualité, de sensations… en somme l’ensemble de la vie psychique s’insinuant dans la vie matérielle, quand cet esprit est la sensibilisation même de l’Esprit !

La valeur morale, la conscience de ce qui est bien de façon commune est-elle abandonnée par la Hiérokosmogamie ?  Non, mais le concept de bien et de mal, les mœurs et les coutumes de courtoisie ou de bienveillance risquent d’être malmenés. La surface ne devient intéressante que quand elle est reliée au fond. Je n’accorde pas crédit à la formulation classique : le spirituel n’appartient pas au monde physique, mais au monde de l’esprit, de l’âme(1), à la vie religieuse, au domaine moral distinct des réalités du monde sensible et de la vie pratique. Ce qui est sous le joug de l’adjectif « spirituel » c’est ce qui est sous le joug (doux) de l’Esprit, ce qui est imprégné d’un Souffle immatériel vital, un Souffle dont émane une Vivance Globale insécable en laquelle se distingueront les existences. Cette imprégnation due au Souffle, à l’Esprit pur -saint- est synonyme de l’effondrement d’un Champ Naturel inné et intuitif en la conscience fonctionnelle et commune. Ce Souffle est l’effondrement, le Champ Naturel étant l’Esprit. Il n’y a que dans ces instants qu’il y a aperception oui intuition réelle, ces instants où l’Esprit insuffle en ce qui devient l’Homme.

 

Probablement déjà proposé dans une ancienne note : le terme âme est un glissement d’une racine indo-européenne *ane signifiant souffle vital représenté en grec par anemos, le vent, en latin par anima souffle vital et animus principe pensant, cœur. Le terme âme est donc l’absolu synonyme d’Esprit. Que s’est-il passé pour que cette âme devienne un objet si solide et si personnel (mon âme) ? comme s’il était possible de dire : mon (propre) Souffle vital, mon Esprit…mon vent.

 

  © Serge Simonotti 


 

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Publié le 7 Novembre 2021

CELA peut survenir en tous puisque CELA est notre Nature même. Si CELA est notre Nature même, CELA est bien notre Nature commune. Si CELA est notre Nature commune, il ne s'agit plus d'en rester seulement à la solidarité, à la bienveillance, mais d'Entendre...

La relecture des articles de ce blog a dévoilé la sécheresse de certains écrits. Je comprends bien qu’il doit s’agir pour beaucoup de véritables biscuits secs !

Je vais donc me permettre de raconter le plus clairement possible quelques « événements » survenus dont le substrat se trouve en filigrane des « biscuits secs ».

Peu de temps après un long périple en Égypte dans le but de connaitre le visible et l’invisible de cette fabuleuse civilisation, le désir de contempler la pierre de Rosette se fit fortement ressentir. L’occasion se présenta pour aller à Londres au British Muséum. Ce jour-là, dès le matin, l’état était profondément dépressif. Le voyage avait les couleurs de l’enfer psychique. Lors de l'arrivée à Londres, il fallut un instant de repos bien que l’état psychique ne changeât pas. Nous nous sommes rendus dans le premier bar venu. Mon épouse et une amie se rendirent aux toilettes. Seul, et regardant ce qui se passait autour de moi, je vis le comptoir et des personnes assises sur des chaises hautes qui parlait ensemble. Et ce fut le choc, un saisissement soudain et violent : ces gens assis là qui discutaient ensemble étaient les mêmes que ceux que je voyais aux comptoirs des bars dans la ville que j’habite en France. « J’ai » su et vécu à cet instant précis la Globalité. Une Globalité au-delà de la bien nommée réciprocité et de ses adjuvants tels que la bienveillance. Une Globalité bien difficile à partager. Je ne puis ajouter que ceci : cela ne s’éteint pas alors que les années ont passé. Cela ne s’éteint pas. Cette profonde Connaissance éprouvée est à la fois intime et partagée avec les personnes qui approchent la Hiérokosmogamie. Mais sur la pointe des pieds : cela doit être vécu et non pas appris ; ce n’est pas un savoir. Et cela fut spontané, sans demande aucune. L’état psychique déplorable présent à ce moment-là y est-il pour quelque chose ?

Il m’est souvent apparu que c’est toujours dans l’inattendu que Cela survient et je ne propose aucune méthode, pratiques qui demanderaient un apport d’efforts personnels : assis de façon nonchalante dans mon bureau, je portai les yeux sur un petit ouvrage posé sur un meuble à quelques mètres. Je le pris dans les mains et le feuilletais de-ci de-là. Je lus une courte phrase entièrement…et plus rien n’était pareil ; rien n’avait changé et tout avait changé. Impossible de poser des mots, et la grâce de ne pouvoir rien m’expliquer. Un climat à l’arrière de tous les climats internes connu. Une personne sans moi, sans je. Ce fut aussi la continuité de Londres, ce mystère que j’étais "étais" partout (difficile d’être plus clair). Cela dura plusieurs semaines de façon intensive. Des personnes me demandaient ce que je prenais comme médicament pour être si…et elles ne savaient pas quoi ajouter et ne recevaient pas de réponses. Cela diminua d’intensité très lentement jusqu’à atteindre un degré qui lui ne s’effiloche pas. Cette phrase reste bien discrète dans ce petit livret. Je ne l’ai jamais retrouvée. Elle m’a offert sa Substance.

D’autres instants équivalents se sont révélés. Ils ont un point commun : c’est bien après d’intenses périodes de contemplations internes dans les tréfonds de l’esprit, en leur accordant une priorité absolue que Cela est survenu, mais sans que Cela soit un but recherché.

                                    © Serge Simonotti.

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