L'ArkêoHiéroKosmogamie reconsidère l'idée que l'on a de la conscience, de Dieu, de la spiritualité. Elle est se rattache à un déterminisme éclairé.
Organisation de Rencontre gratuite. En soutient, le livre l'hYpothèse Hiérokosmogamie aux éditions du Térébinthe (distribution CoolLibri), ainsi que les "expériences" intimes. D'autres ouvrages sont disponibles chez le même distributeur.
Cette phrase d’une importance essentielle pour qui cherche à appréhender la Connaissance est tirée de l’Évangile de Marie, un écrit gnostique découvert à Nag Hammadi (et présent dans le codex de Berlin en 1896), qui fait partie des textes dits « apocryphes ». Il met en avant un enseignement ésotérique du Christ transmis à Marie-Madeleine. Ce texte valorise fortement la Connaissance (Gnose) et l’Esprit plutôt que les rites ou l’institution. L’ArkhêoHiéroKosmogamiene cesse de le mettre en avant lors de ses Rencontres dans l’espérance de voir s’élever la lumière - lucidité – provenant du Saint des Saints - Cœur - d’un des participants.
L’Intellect, le nous dans le vocabulaire gnostique et néoplatonicien désigne l’Intelligence spirituelle supérieure, l’organe intérieur qui perçoit les réalités divines. Il n’est pas l’intellect discursif (la raison calculatrice) qui nous fait croire que bon nombre d’érudits ou de lettrés possèdent l’Intelligence, mais il est la faculté contemplative réceptive à la Vérité, l’Unicité de toutes choses. Le Trésorrappel l’évangile de Matthieu 6,21 : là où est ton trésor là aussi sera ton cœur. Le trésor n’est donc pas matériel, il est la plénitude spirituelle, la plénitude de l’Esprit qui est Lumière donc Lucidité et Connaissance. Ce Trésor c’est de l’or éternel. Le texte marial reprend et transforme cette équation en reliant le trésor non plus au cœur (centre de l’affectivité et de la volonté), mais à l’Intellect (centre de la connaissance spirituelle, c’est-à-dire de l’Intelligence intuitive).
Dans la perspective gnostique, ou indienne et également dans la perspective ArkhêoHiéroKosmogamique, le monde matériel est souvent vu comme une illusion. Le Salut ne se trouve pas dans l’extérieur, les contingences, mais dans le retour à l’origine divine la seule réalité. Difficile à croire, souvent même pour les participants aux Rencontres : les contingences l’emportent toujours.
Le vrai Trésor -pourtant accordé à l’humain (Illumination, Salut, Union divine) ne se trouve pas dans les richesses, ni même dans les rites extérieurs, mais dans la partie la plus haute de l’humain : Intellect spirituel.
L'ArkhêoHiéroKosmogamie exprime qu'il est impossible de faire l'expérience réelle de Dieu, et selon le terme expérience, de se l'acquérir, car cela oblige à la présence d'un observateur.
L’ArkhêoHiéroKosmogamie (qui désigne, l’union sacrée originelle Non-Être-Principe divin-Ordre cosmique) implique que toute expérience de Dieu est logiquement impossible, car elle présupposerait un observateur, c’est-à-dire une séparation entre le sujet et l’objet observé.
Dans un cadre phénoménologique, l’expérience implique toujours une dualité : un « moi-je » qui perçoit et un « autre » perçu. Il s’agit bien de la présence d’un espace (milieu idéal indéfini) et d’un temps (milieu indéfini imposant à la fois une continuité et une succession). Si Dieu est accepté comme absolu, non-duel, infini, alors toute expérience directe par un « moi-je » séparé serait contradictoire : le fait même d’observer le poserait comme extérieur, et donc limité. Beaucoup de mystiques (soufis, Advaita, néoplatonicien, etc.) ainsi que l’ArkhêoHiéroKosmogamie contournent cette impasse en disant que Dieu ne peut pas être observé, mais seulement goûté, réalisé par extinction de l’idée d’être quoi que ce soit (fanā’ chez les soufis). Ce n’est pas « moi-je » qui expérimente Dieu, c’est la conscience individuelle qui se dissout dans ce que l’on peut nommer, mais de façon hasardeuse, Conscience divine qui est vraiment « l’Un sans second ». Dans cette optique, l’impossibilité de “faire l’expérience” de Dieu est liée au fait qu’une « expérience » implique une médiation à partir d’un point de vue (sens littéral). Or le divin, s’il est absolu, est sans point de vue, il est le fondement même sur lequel s’élèvent tous les points de vue. Tous exactes du point de vue de l’individu (l’idée d’être), tous illusoires du point de vue global sans espace ni temps de l’Absolu.
Tant qu’il y a observateur, il n’y a pas union. Quand il n’y a plus observateur, il n’y a plus expérience, il y a Être sans aucune idée.
Condition de l'expérience: il faut un observateur, celle, celui qui lit.
Dualité sujet/objet
moi-je qui observe Dieu
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Dieu = Absolu, Infini/Observateur = limité
(Non-duel) (point de vue duel)
│
Contradiction logique :
"Si Dieu est absolu, il ne peut être
objet d'une expérience duale."
Lecture du schéma :
Toute expérience suppose un observateur.
Cela crée une dualité : un sujet qui perçoit, un objet perçu.
Si Dieu est l’Absolu, il ne peut être « objet » au sein d’une dualité.
La seule voie possible, selon cette logique, est de faire disparaître la dualité, c’est-à-dire l’idée d’être durablement établie en la conscience : l’observateur (moi-je) (la notion d’observation) se dissout et il n’y a plus identification à l’expérience au sens classique, mais identité avec ce qui est stable, éternel et toujours indéfinissable. Tant qu’il y a « regard », il y a séparation. La Connaissance (dénuée de savoirs quelconques) n’est pas une expérience au sens habituel, mais une disparition de l’expérience dans l’être pur.
Évidemment, il s'agit bien d'un résumé établit pour un blog. Également, en vérité, rien de vraiment neuf dans cette note, et la façon d'aboutir à cette "extinction", plutôt perçue comme un retournement, un renversement, dans un premier temps, est propre à l'ArkhêoHiéroKosmogamie. Et ce n'est pas réellement une partie de plaisir pour l'égo, l'idée d'être, cela ne caresse pas dans le sens du poil...si la démarche estsincère. Et, pourquoi ne pas le réécrire: peu de monde devant la petite porte tueuse du nihilisme, de la stupidité et de l'aliénation. Ce dernier terme pour rappeler qu'il s'agit de l'antonyme d'intelligence, bien évidemment la véritable Intelligence, celle qui est Naturelle parce que non née de quelque chose; celle qui, passant par un esprit nettoyé, est de l'Esprit.
Du point de vue spirituel, l'Être "précède" toute manifestation, toute création. c'est à dire qu'il émane en tant que conscience. Il n'est pas un état parmi d'autres, mais la Réalité exhalée par le Non-Être ultime en tant qu'arrière plan de toute chose. Créer, au sens usuel, implique une activité mentale, une intentionnalité, une projection vers l'extérieur... et un être - une conscience - en tant qu'actrice et observatrice de "sa" création. Être, en revanche, renvoie à une présence nue, à l'identité la plus profonde, en Vraie à une non-identité toujours voilée par le tumulte des pensées et des désirs, bases même de la création.
Créer: un acte de l'égo, de l'idée d'être?
Dans cette perspective, "créer" peut être perçu comme une volonté de l'égo, de l'idée d'être, dans le but de se définir, d'exister par l'action. Cela implique un mouvement centrifuge, un éloignement, par inconnaissance, de la Véritable Identité, l'Être véritable qui n'a rien à prouver, rien n'à accomplir car il est Silence, Présence, immobilité, et par définition, ne peut être connu. Le Sage, le Connaissant, ne cherche pas à faire, mais à laisser Être; il ne fabrique pas, il accueille l'émanation de l'Esprit sous toutes ses formes. Être, c’est reconnaître que rien ne manque, que tout est déjà là dans la Conscience pure, plénière, absolue... si l’on consent à se taire intérieurement. Si cela ne se tait pas, la Conscience pure reste un ouï-dire.
Non-dualité et déconstruction du faire:
Dans les traditions non-dualistes (comme l’Advaita Vedānta ou certaines écoles mystiques chrétiennes ainsi que l'ArkhêoHiéroKosmogamie), il est dit que tout effort pour "atteindre" l’Être nous en éloigne. Le paradoxe spirituel est que l'Être ne s'acquiert pas : il se réalise, il se dévoile et, selon la loi de correspondance inversée, se voile, se dissipe l'égo, l'idée d'être, l'individualité.
Conséquence existentielle et pratique:
Rappel à l’arrêt du faire compulsif, de la volonté de se construire, d’être reconnu, c'est à dire bien cadré dans l'idée d'être ceci ou cela, ou même de “réussir sa vie spirituelle”. Cela invite à l’enracinement dans ce que Maître Eckhart appelait la “simple présence de Dieu”. C’est un retournement radical : ne plus chercher à produire quoi que ce soit, mais à coïncider, à se laisser être en Dieu, dans la Source, sans séparation.
La Gnose - Connaissance - et le Vide spirituel : tension et coïncidence des contraires
Dans la tradition spirituelle, la Gnose (du grec gnôsis, signifiant « connaissance ») ne se réduit pas à un savoir intellectuel, mais renvoie à une expérience intérieure, immédiate et transformative du Réel ultime, de l’Absolu, du Divin. Cette connaissance est directe, intuitive et purificatrice, souvent décrite comme un dévoilement (kashf en soufisme), une illumination ou une participation définitive à l’Être. Ce qui invite à une profonde réflexion sur le concept de « mort ».
Paradoxalement, cette Gnose s’articule étroitement avec une autre notion centrale dans les traditions spirituelles ainsi que dans l'ArkhêoHiéroKosmogamie - bien que celle-ci le nomme d’une autre façon (1) - : le Vide spirituel. Loin d’évoquer un simple néant ou une absence de sens, ce vide est souvent présenté comme la condition même de la réalisation intérieure. Le lien entre Gnose et Vide spirituel se dévoile alors dans une dialectique profonde : c’est par le vide que s’opère la plénitude de la Connaissance. C’est dans le Vide que l’Esprit est vécu et nous vit.
La Gnose comme plénitude de l’Être
La Gnose désigne une forme de connaissance intuitive qui dépasse les dualismes ordinaires : sujet/objet, intérieur/extérieur, moi/autre, etc. Elle est l’union de la conscience avec sa source première. Dans la gnose néoplatonicienne, chrétienne ou soufie, elle est souvent décrite comme un « retour à l’Un », à travers un processus de purification, de détachement et de contemplation. Mais le terme « retour » est inacceptable pour l'ArkhêohiéroKosmogamie.
Dans le soufisme, par exemple, Ibn ‘Arabî décrit cette Connaissance comme le fruit de la ma‘rifa, un état où le connaissant, la connaissance et le connu ne font plus qu’un. L’être humain, dépouillé de l’égo (nafs), devient alors un miroir pur reflétant l’essence divine, il n’est plus véritablement humain, même si le corps physique tente à le faire croire, il est définitivement divin-humain, Éternel « dans » et « au-delà » de l’éphémère donc illusoire corporalité.
Mais pour que cette révélation ait lieu, une intériorisation profonde et sans faille est obligatoire : une kénose (du grec kenosis « videment de soi »), une extinction progressive de l’ego, c’est-à-dire de l’idée d’être qui ouvre à la réceptivité pure.
Le vide spirituel : absence comme seuil du Réel
Le vide spirituel ne désigne pas ici une vacuité stérile, mais un état de silence intérieur, de suspension des représentations, de désappropriation de soi. Dans la mystique orientale (bouddhiste ou taoïste), ce vide est souvent premier. Il n’est pas un manque, mais une potentialité pure. Dans le zen, par exemple, il est dit : « Le vide est forme, et la forme est vide » (Heart Sutra). L’ArkhêoHiéroKosmogamie inspire ce Vide en tant que Non-Être soutient de l’Être-Êtreté-être.
Dans le soufisme, ce vide prend la forme du fanâ’ - l’extinction de soi en Dieu - qui précède le baqâ’, la subsistance en Dieu. Ce vide n’est pas une finalité, mais une étape indispensable : on ne peut recevoir la Vérité que si l’on a été vidé de tout ce qui n’est pas Elle. Cela implique une mort symbolique de l’ego, du moi séparé, pour laisser place à ce qui est au-delà du moi.
La dialectique du vide et de la plénitude
La relation entre Gnose et vide spirituel peut être comprise à travers la dialectique du dépouillement et de la révélation. Pour connaître Dieu - ou l’Absolu - il faut cesser de vouloir posséder, maîtriser ou comprendre par les moyens ordinaires de l’intellect. La Gnose exige un retrait du mental discursif, une ouverture sans anticipation, un accueil silencieux. C’est dans ce retrait que le Vide devient fécond. Il devient un espace intérieur dans lequel la Lumière peut apparaître. Le cœur débarrassé de ses attachements devient un réceptacle. D’où la formule mystique : « Dieu ne se révèle qu’aux cœurs vides ». Ce vide est alors un miroir, ou un creuset, un lieu où la transformation s’opère. Plotin disait : « Il faut que l’âme devienne simple, pure, vide, pour s’unir au Principe qui est lui-même au-delà de toute forme. » Ce dépouillement est à la fois douloureux (mort du moi) et libérateur (naissance à l’Êtreté et ouverture à l’Être).
Vers une coïncidence des contraires
Dans la perspective gnostique, la Gnose n’est donc pas l’opposé du vide spirituel, mais son accomplissement. Elle ne se produit que dans le vide, mais ce vide, une fois vécu pleinement, révèle une plénitude d’un autre ordre — une plénitude non duelle, indéfinissable, inexprimable, que les mystiques désignent souvent par des termes apophatiques : l’Être, l’Un, le Silence, la Lumière, le Nom caché… On pourrait dire que le Vide est la forme que prend Dieu avant qu’Il ne se dise, et que la Gnose est cette écoute intérieure du Vide jusqu’à ce qu’il parle.
Ainsi, la Gnose n’est pas l’accumulation de vérités, mais le fruit du renoncement à toute prétention de savoir. Elle surgit lorsqu’il ne reste plus rien à quoi s’accrocher, sauf le Mystère lui-même. Ce n’est pas un savoir « en plus », mais un savoir « en moins » — ou plutôt : un savoir à partir du Rien, et non contre lui.
Conclusion
La Connaissance spirituelle pure et le vide spirituel ne s’opposent pas, mais se répondent dans un mouvement d’intériorisation et de dévoilement. L’un est la condition de l’autre. La Gnose est impossible sans le Vide, tout comme le Vide ne devient lumineux qu’à travers la Gnose. Dans cette tension féconde, les Aspirantes, Aspirants, Disciples apprennent à mourir à eux-mêmes pour renaître à l’Absolu. C’est alors que le Vide cesse d’être absence pour devenir Présence invisible, et que la Gnose cesse d’être une quête pour devenir Évidence, c’est-à-dire Lucidité. Le terme Lucidité introduit une nuance essentielle. Dans le contexte spirituel attaché à ce blog, mais principalement, essentiellement dans les fondements même de l’ArkhêoHiéroKosmogamie, la Lucidité ne désigne pas simplement une clarté mentale ou une vigilance ordinaire, mais une Conscience dépouillée des illusions psychiques de l’idée d’être-égo, de l’individu, une Conscience plénière capable de percevoir ce qui est au-delà des projections, des désirs et des peurs. Vaste et effrayant programme pour celle celui qui Entend vraiment ces paroles. Et évidemment : peu de monde devant la petite porte, et c’est tant mieux.
Gnose → Vide → Lucidité globale comme fruit du dépouillement.
Le soufi Yahya Ibn Mu’âdh (830-871) dit : « Je préfère un grain de moutarde d’amour à soixante-dix ans de culte rendu sans amour. »
Une belle citation qui souligne l'importance de l'amour et de la sincérité dans la pratique spirituelle. Yahya Ibn Mu'âdh met en avant que la qualité et l'intensité d'un amour profond valent bien plus que la quantité d'actes religieux accomplis sans ce sentiment. Le véritable Amour spirituel implique une intention pure et authentique, même si "l'objet" soutenant l'intention n'est pas encore clair, mais défini par un véritable attachement, un lien intime ressenti dans le cœur envers ce que l'on peut appeler (pour faire simple) le divin. Cet Amour pousse à aller au-delà des intérêts personnels, des attentes. L'Amour spirituel se manifeste dans la constance, la patience et la persévérance, même face aux difficultés. Rien, aucune situation mondaine ne l'entrave ou prend priorité.
Il ne s'agit pas ici d'évoquer l'amour ordinaire, classique, humain en lequel existe toujours une bonne part émotionnelle, mais son revers, moins connu, moins "aimé", l'Amour en tant que liant d'unité en lequel l'affect ne peut prendre place. L'Amour Spirituel, l'Amour-Esprit est sans affect parce qu'il est Unicité. Bien entendu, ceci n'est pas du domaine de la vision psychique, toujours portée vers l'extérieur, qui dote la conscience humaine. L'humain assujetti aux contingences externes ne peut accéder à cela; il faudra qu'intervienne une métanoïa, un retournement radical en soi par rapport auquel l'individualité, le moi-je deviens secondaire.
Et c'est à ce stade que les lieux dévoilant cela se vide, et que leurs revers se remplissent en ces temps incertains. Mais tout est incertain, le bien et le mal sont illusoires parce que éphémères pour celle celui qui se tient dans l'Amour.
Comment se fait-il que peut d'individus réussissent à maintenir une discipline assidue?
C’est une question essentielle, et les traditions spirituelles y répondent d’une seule voix :la rareté de l’assiduité vient de la difficulté à dépasser le moi-je, les distractions du monde, et la résistance intérieure au changement profond.Voici quelques raisons principales :
1. La résistance naturelle du moi-je
Le moi-je ou "moi conditionné", redoute tout ce qui le menace. L’exercice spirituel assidu vise justement à le transcender — à le rendre transparent à une réalité plus vaste. Cela suscite des résistances internes : paresse, doute, excuses, dispersion.
« L’esprit est plus difficile à contrôler que le vent. » (Bhagavad-Gītā 6.34)
2.La séduction du monde extérieur
Nous vivons dans une culture de l’immédiat, du changement rapide, de la gratification, de la distraction permanente. Or, la spiritualité demande du silence, de la patience, et une intériorité profonde, souvent à contre-courant.
« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence. » (Romains 12:2)
3.Le manque de guidance et de structure
Beaucoup commencent sans accompagnement, sans méthode claire ni cadre. Mais la plupart des traditions insistent sur l’importance d’un maître spirituel, d’un guide ou d’une communautépour soutenir la régularité.
« Celui qui n’a pas de maître, Satan est son maître. » (Parole soufie attribuée à Junayd)
4. Des attentes irréalistes ou trop précoces
Certains abandonnent parce qu’ils n’obtiennent pas rapidement des « résultats » visibles. Mais la voie spirituelle est souvent obscure au début, comme la graine qui germe sous terre. Il faut confiance et endurance.
« Soyez comme le cultivateur : il ne s’impatiente pas, il arrose et attend. » (Rūmī)
5. Le poids des blessures et des conditionnements
L’homme moderne porte souvent des traumatismes, des blessures affectives ou des conditionnements psychiques qui l'empêchent de se poser, de se recueillir, de faire silence. Le chemin spirituel peut réveiller des résistances enfouies.
« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. » (Matthieu 5:4)
6. Le plus important, ce qui est vital:
Le manque d’amour véritable pour le Divin
L’assiduité ne peut venir que d’un amour sincère pour la Vérité. Or, beaucoup cherchent encore des consolations ou des réponses intellectuelles, plutôt qu’une vraie union.
« Quand tu Le chercheras avec tout ton cœur, Il se laissera trouver par toi. » (Deutéronome 4:29)
« Celui qui M’aime, Je l’aimerai, et Je deviendrai l’ouïe par laquelle il entend. » (Hadith Qudsi)
L’assiduité dans l’exercice spirituel : chemin universel vers la Connaissance
Dans toutes les grandes traditions religieuses, un principe fondamental relie les chercheurs de vérité à travers les âges : l’accès à la véritable Connaissance - celle qui éclaire l’être de l’intérieur - ne peut être atteint sans une pratique spirituelle régulière, patiente et sincère. Cette assiduité n’est pas une simple discipline extérieure : elle est la clef d’une transformation de l’âme, d’un dépouillement progressif de l’ego, d’une ouverture à une réalité plus vaste que celle que le mental seul peut saisir.
L’exercice spirituel - qu’il s’agisse de la prière, de la méditation, du dhikr, de l’étude des textes sacrés, du jeûne, de l’attention silencieuse ou du service désintéressé - n’a pas pour but premier d’apaiser l’esprit ou de satisfaire une quête émotionnelle, mais de creuser en soi un espace de réceptivité à la Vérité. Il s'agit de « faire place », de tailler la pierre brute, de purifier les filtres de la perception. Sans cette persévérance, l'âme reste prisonnière des illusions du monde sensible et des conditionnements de la pensée ordinaire.
Dans le soufisme, par exemple, on parle du travail du cœur, un effort constant, parfois austère, mais toujours fécond, qui permet à la lumière divine de se refléter dans l’être. Le dhikr, invocation répétée du Nom divin, n’agit pas par magie mais par transformation progressive du souffle intérieur. De même, dans le christianisme ancien, les Pères du désert affirmaient que seule une ascèse vigilante, vécue dans l'humilité, pouvait préparer l’homme à la vision du Logos. Dans l’hindouisme, la sādhanāest une discipline vitale, car sans elle, aucun éveil n’est possible. Le Bouddha lui-même insista sur la pratique quotidienne de la pleine conscience comme chemin vers l’Éveil.
La Connaissance véritable - gnosis, ma‘rifa, jñāna - n’est pas un savoir intellectuel. Elle est union, co-naissance : une participation à une réalité plus grande que soi. Et cette union suppose une disponibilité de l’être tout entier, qui ne peut s’acquérir que par une fidélité patiente à l'exercice spirituel. Ce n’est pas l’intensité d’un instant mystique isolé qui éclaire l’âme, mais la constance de la flamme dans la nuit.
Aucune religion authentique ne fait l’économie de cette exigence. Toutes reconnaissent qu’il faut « se faire pauvre » pour être rempli, qu’il faut veiller longuement avant que l’aube ne se lève. Ainsi, la pratique spirituelle devient un acte d’amour et de confiance, un engagement total dans la durée. Car la Connaissance, celle qui sauve et transfigure, ne se donne qu’à ceux qui la cherchent avec ferveur, persévérance, et fidélité.
Également, l'ArkhêoHiéroKosmogamie ne fait pas l'économie de la pratique spirituelle patiente, longue et silencieuse notamment à travers huit Postulats.
Avec beaucoup de retard, ce quatrième numéro des moissons de l'Œil parait enfin et avec une nouvelle première et quatrième de couverture.
Toutes mes excuses aux différents auteurs et tous mes remerciements à Christine Dilmi, sans elle, rien n'aurait été possible, cette belle revue ne serait pas sortie des Possibilités multiples offertes par l'Esprit.
Beaucoup de retard pour un ultime numéro 4. Mais c'est un beau numéro 4. "Légèrement heureux" d'y voir Frédéric, Maxime, Christine D., Claire très fidèle depuis le premier numéro d'Avril 2024; et puis Valérie, belle âme (comme l'on dit).
Le temps est venu de la non-dispersion, l'ArkhêoHiéroKosmogamie requiert maintenant toute mon attention. Et c'est bien dans le sens de Deutéronome 6; 5: Tu aimeras l'Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. Pas de temps, pas d'efforts, pas de concentration pour d'autres directions. Pointer vers la Nuit lumineuse et Voir.
MERCI
Les moissons de l'Œil; coolLibri.com rubrique Bibliothèque: tapez serge simonotti dans la barre de recherche.
Un jour, je rejetai toutes notions de mon esprit. Je renonçais à tout désir. J’éliminai tous les mots avec lesquels je pensais et me senti en paix. J’éprouvais une impression un peu étrange, comme si j’avais été transporté dans quelque chose, ou comme si nous touchais quelque puissance inconnue…et ztt ! J’entrai. Je perdis les limites de mon corps. Ma peau était toujours là, certes, mais j’avais l’impression d’être au milieu du Kósmos. Je parlais, mais mes paroles avaient perdu leur sens. Je voyais des gens venir vers moi, mais ils étaient tous le même homme. Tous étaient moi-même ! Je n’avais jamais connu ce monde. J’avais cru que j’avais été créé, mais alors « nous » devais changer d’avis : « nous » n’avais jamais été créé, j’étais le Kósmos ; il n’y avait plus de M. Sasaki !(1).
Et tout ce dont l'ArkhêoHiéroKosmogamie parle et propose (sans mercantilisme) tient en ces quelques mots : un jour je rejetai toutes notions de mon esprit. C'est bien cela le centre d'intérêt, l'obligation (même si ce terme sera rejeté par la junte bien pensante de la spiritualité d'occasion, de seconde main), l'obligation première, le premier travail comme un premier désir. Cela prend du temps et cela prend de la place, beaucoup de place; ce qui fait que "cela-moi" se vide. Alors, premier bol de vinaigre, tout ce qui n'est pas ce "vide" prend l'apparence de l'inutilité, d'une perte de temps, c'est-à-dire, devient illusoire bien que continuant à se dérouler.
Et ce rejet est le chemin qui conduit à la Voie de Connaissance.
Sokei-an SasakiImage empruntée au sitehttps://www.wisdom2be.com/
(1) Sokei-an Sasaki (1882-1945) moine et maître bouddhiste zen. Extrait de Zen Notes, volume 1, numéro 5 repris par Alan W. Watts dans son ouvrage Le Bouddhisme zen, éditions Payot petite biblio page 171.
L'ArkhêoHiéroKosmogamie l'exprime oralement dans ses Rencontres et également dans ses écrits en apportant les compléments d'informations nécessaires: Il n’y a pas de chute, pas d’expulsion d'un Paradis terrestre, pas de faute commise par Adam, qui n'est pas un nom propre donc, pas un individu, mais l'idéation même de l'Humanité en étant Intention Naturelle-Intellect et pas plus par Ève qui symbolise l'Âme Principe. Quant au serpent, laissons-le être symbole de la Connaissance vraie. Genèse 3, 21 et 3, 23. L’individu cherche à distance de lui ce qu’il est déjà. Cela est exprimé de mille façons depuis toujours. Mais qui Écoute, Entend et Réalise ? Pour cela, il faut que s'effectue une véritable métamorphose afin de devenir conforme, en conformité de verticalité, en conformité d'Harmonie, en conformité de Connaissance. Or en cela l'individu, le moi-je, celle celui qui veut la Connaissance, l'Éveil, la Métanoïa pour eux-mêmes et y participer ne peuvent rien. C'est une réalité. Il n'y a pas de résurrection sans crucifixion! Pas de Connaissance sans perte du savoir despote, pas d'Éveil sans endormissement de l'individualité dirigeante.
Le fait que l’individu cherche à distance de lui ce qu’il est déjà, souligne la nature souvent illusoire de la quête extérieure, alors que la véritable transformation commence en soi, par une Métanoïa, un retournement réel, non mental (aspiration réelle pendant les Rencontres, retour à la conduite classique en dehors) un changement de regard et de conscience, mais qui s'opère sans participation égotique. La métaphore de la crucifixion et de la résurrection évoque que pour se laisser saisir, il faut laisser derrière soi et ne pas se retourner, quoi qu'il se passe dans la plaine du monde. c'est cela le prix de la renaissance a une compréhension plus profonde.
La contemplation sans objet est un des sommets de la vie intérieure, un état d’être pur où l’esprit cesse de projeter, de nommer, de diviser. Elle ne vise pas une chose, un concept, ni même une expérience : elle est présence nue, car il n’y a plus que le regard pur, sans direction.
Elle est :sans intention : pas de but, pas d’attente. sans saisie : ne s’accroche à rien. Une vacuité vivante : où la conscience est pleine d’elle-même, sans se fixer.
Elle ne s’obtient pas, elle se dévoile.
« Ce que tu cherches, tu l’es déjà. »
Phrase connue, écrite et répétée partout…avec si peu d’Aspirantes, d’Aspirants, de Disciples. Phrase facile à dire, qui pourrait faire croire que tout le monde est Cela…oui, exacte, mais encore faut-il l’éprouver réellement ! Or personne, aucun individu ne peut l’éprouver cette Contemplation qui est abandon de toute orientation. Mais pas seulement pendant la « pratique », « l’exercice » …deux mots caducs !
Les Postulats de l’ArkhêoHiéroKosmogamie s’ils sont établis dans l’ordre, mènent à ce climat sans nom qui pourtant est là avant la pensée, entre les pensées, après la pensée. Avant le corps, les émotions. Il est présence intemporelle, véritable Identité. La contemplation sans objet estle regard qui se renverse vers ce que nous nommons le Champet qui s’y fonden se laissant envahir. Alors que disparaît l’idée d’une contemplation sans objet sans les prémisses du sacrifice. C’est-à-dire de la « révision » sans complaisance de l’illusoire « idée d’être soi », d’être ceci ou cela.
"Cherchez et vous trouverez". Évangile de Matthieu 7,7.
"Chercher, c'est se tenir en dehors de ce que l'on cherche, ce qui rend la Réalité essentielle et permanente même de la recherche - l'Êtreté unitive - définitivement inaccessible. La recherche en tant que réflexion participative installe une corporéité superficielle à égale proportion de la considération que l'on a de soi."
Cette phrase propose une critique métaphysique de l’acte même de chercher, en soulignant un paradoxe fondamental :chercher suppose une séparation entre le chercheur et ce qui est cherché, ce qui rend l’unité avec l’objet de la quête - ici nommée Réalité essentielle ou Êtreté unitive - fondamentalement impossible.
Cela évoque une distance ontologique. Chercher implique une dualité : un sujet (le chercheur) et un objet (ce qui est cherché). Cette posture exclut d’emblée l’union ou la fusion avec l’objet, car chercher suppose que l’objet n’est pas encore là, qu’il est ailleurs, séparé. L’Êtreté unitive évoque ici une réalité non-duelle, immédiate, qui ne peut être cherchée sans être déjà perdue dans le mouvement même de la recherche. Le verbe "rendre... définitivement inaccessible" marque une condamnation : tant que l’on cherche, on reste à l’extérieur de ce qui ne peut être connu que par coïncidence, par présence, par être.L'ArkhêoHiéroKosmogamieévoque ici des échos du soufisme, du taoïsme ou encore de l’advaita vedānta, où la Vérité ultime ne se trouve pas, mais seréaliseen l’abandon de la quête égotique.
Quant à lacorporéité superficielle,elle établit une corrélation entre la recherche et un renforcement de l’ego : plus je cherche, plus je me considère comme celui qui cherche, et plus je me fixe dans uneforme, une corporéité superficielle. Cela signifie que le chercheur devient prisonnier d’une image de lui-même, une structure rigide et extérieure, éloignée de l’intime essence fluide de l’Être.
La phrase proposée déploie une critique radicale de la quête spirituelle qui en fait, est existentielle, dès lors qu’elle est animée par la séparation. Elle suggère que le véritable accès à l’Êtreténe passe pas par la recherche, mais par l’abandon, ladissolution du chercheur, voireladésidentification du moi. Mais cela ne signifie pas "qu'il n'y a rien à faire" comme le déclare des "éveillés mentaux modernes". Mais ceci est une autre histoire...dont la réponse se trouve dans : frappez et l'on vous ouvrira, demandez et l'on vous ouvrira. Évangile de Matthieu 7, 7-8.
Le muable (ce qui change) ne peut être perçu que par l’immuable (ce qui ne change pas). L’être, muable en toutes ses qualités, ne peut être perçu que par l’immuable Êtreté, qui, en ArkhêoHiéroKosmogamie, est "l'Éveillé qui a éprouvé l'Onction divine, métaphysique, c'est à dire, la Connaissance". Cela signifie que tout ce qui change (le corps, les émotions, les pensées, les phénomènes du monde) ne peut être véritablement connu, reconnu ou perçu que depuis un point de vue qui, lui, ne change pas. Si l'observateur lui-même changeait constamment, il ne pourrait établir la moindre continuité ou compréhension du changement. Il faut donc une conscience stable qui traverse la conscience ordinaire, classique que tout le monde connaît (la même chez tout le monde), uneprésence immuable, pour voir le mouvement. L’individu, dans ses aspects psychologiques, physiques ou existentiels, est constamment en transformation : il pense différemment, ressent différemment, change de corps, de perception, etc. Il est donc muable dans toutes ses qualités, jamais exactement identique à lui-même d’un instant à l’autre. Nous l’avons exprimé à maintes reprises, le terme "Êtreté" renvoie à un principe ontologique fondamental, au cœur même de l’être individuel : une forme d’être pur, stable, non conditionnée et permanente.
Seule cette Êtreté, immuable et silencieuse, peut réellement voir les changements de l’être, parce qu’elle ne participe pas elle-même à ces changements. Tragédie ou Comédie ? L’idée d’être n’est pas l’actrice ni l’observatrice de l’ensemble des changements. La connaissance véritable du changement exige un fondement qui, lui, ne change pas. Nous ne pouvons être conscients de notre propre transformation (physique, mentale ou spirituelle) que parce qu’il existe, en nous, en deçà de nous (et non pas "au-delà), au cœur du cœur biologique, une présence qui reste elle-mêmeimmobile et intemporelle, l’immuable Êtreté imbibée de l'Être, Lui-même émanant du Non-Être. C’est ce regard intérieur, silencieux, non affecté, qui perçoit tout sans jamais être modifié.
Qui voit le photographe qui photographie un photographe ? Qui est avant ?
Saint Jean de la Croix, réformateur du Carmel avec Thérèse d’Avila, est l’un des poètes mystiques les plus profonds de la tradition chrétienne. Théologien, ascète et contemplateur, il n’est pas ésotériste au sens traditionnel d’une doctrine occulte, mais ses écrits sont pénétrés d’une profondeur intérieure qui touche au mystère du divin au plus intime de l’homme. Dans son œuvre, le cœur est omniprésent — mais sous des formes voilées : il est la "nuit", la "blessure", le "feu", l’"ardeur", le "centre" — autant de symboles du centre sacré de l’être où Dieu se donne à connaître.
La Nuit obscure du cœur : purification et vide divin :
Dans la fameuse Nuit obscure, Saint-Jean décrit le processus de purification de l’âme, où Dieu dépouille le cœur de tous ses attachements sensibles et intellectuels. Ce n’est pas un simple désert spirituel : c’est un acte de feu mystique. Le cœur est ainsi « vidé » de tout ce qui n’est pas Dieu, pour devenir un pur cristal à travers lequel la lumière divine peut passer. C’est ce qui se passe lors des Postulats pratiques proposés par l’ArkhêoHiéroKosmogamie, à condition qu’ils soient pratiqués de façon régulière et intensité. L’ésotérisme chrétien enseigne que le divin ne peut naître dans le cœur qu’à condition que celui-ci soit libre de toute possession : Dieu n’entre que là où il n’y a plus rien d’autre.
La blessure d’Amour : le cœur transpercé.
Dans le poème Vive flamme d’amour, Saint-Jean décrit l’âme comme un bois sec enflammé par Dieu. Le cœur y est présenté comme transpercé d’un trait de feu (1) :
« Ô vive flamme d’amour,
qui blesse tendrement
de mon âme le centre le plus profond... »
Ce « centre le plus profond » du cœur, c’est le sanctuaire intérieur où Dieu agit en secret. La « blessure » dont il est question n’est pas souffrance, mais extase d’union : elle est le signe que Dieu est passé et qu’il laisse une marque incandescente dans l’âme. Le cœur devient un lieu de combustion lente, une chambre nuptiale où l’âme s’unit à Dieu dans un silence brûlant.
Le centre de l’âme : lieu ésotérique de l’union :
Jean de la Croix parle souvent du « centre de l’âme » comme du lieu où se produit l’union la plus intime avec Dieu. Ce centre est au-delà des sens, de l’intellect, de la volonté : c’est un lieu caché, où seul l’Amour (sans affects) agit. Dans une vision ésotérique, ce centre correspond à ce que certains appellent le « sanctuaire du cœur » ou encore le « point d’éternité », mais aussi la Caverne, le Tabernacle... C’est le lieu où l’âme « devient Dieu par participation », non par essence. Il ne s’agit pas ici d’un panthéisme (2), mais d’une mystique de la déification (théosis), inscrite dans la tradition patristique (3) et reprise par les mystiques comme Jean.
Union nuptiale : le cœur épouse le Verbe.
Dans Le Cantique spirituel, Jean décrit l’âme comme une épouse qui cherche son Bien-Aimé (le Christ) et qui finit par le trouver dans l’union intérieure. Cette union se produit dans le cœur, mais elle est décrite à travers des symboles d’amour, de vin, de parfum, de jardin clos autant d’images alchimiques du cœur transformé.
Silence, intériorité et connaissance du cœur :
Saint-Jean enseigne que Dieu se trouve dans le silence du cœur, non dans les visions ou les mots. Et ceci est de grande importance. L’expérience mystique suprême est « non connaissable » dans les termes humains. Le cœur doit donc se taire, écouter, s’ouvrir à l’inconnu. C’est là un principe fondamental de toute voie ésotérique : le divin ne s’atteint pas par accumulation, mais par dépouillement. Le cœur devient alors non seulement un organe d’Amour bien au-delà de l’affect, mais aussi un organe de Connaissance, Connaissance directe, immédiate, intuitive, c’est-à-dire, au-delà du mental intellectuel, donc au-delà d’une conscience conventionnelle.
Bien qu’inscrite dans une mouvance scolastique, l’ArkhêoHiéroKosmogamiese reconnaît à travers diverses « lumières » décrites par Saint-Jean de la Croix. Il n’y a que la « manière » et le vocabulaire qui change.
Parler du Cœur, c'est bien authentifier le ventricule droit
Ramana Maharshi indiquait, « L’atome divin du Soi se trouve dans la partie droite du cœur, à environ une distance de la largeur du doigt à partir de la ligne médiane du corps. »
(1) Ce qui rappelle la lance du centurion lors de la crucifixion.
(2) Doctrine selon laquelle Dieu est l'unité du monde. L’ArkhêoHiéroKosmogamie peut paraître panthéiste, ce qui n’est pas le cas. Ce point demande, bien que difficile à présenté sera proposé dans une note ultérieure.
(3) Étude, connaissance de la doctrine, des ouvrages, de la biographie des Pères de l'Église.
La distinction entre l’individu religieux et l’individu laïque :
Une lecture nuancée de deux visions du monde.
La distinction entre un individu laïque et un individu religieux ne saurait se réduire à une opposition binaire entre foi et absence de foi. Elle repose sur des fondements philosophiques, culturels et existentiels profonds, qui traduisent deux manières de concevoir la vie, l’éthique et la place de l’être humain dans l’univers.
L’individu (véritablement) religieux inscrit son existence dans une verticalité. Son rapport au monde est traversé par une transcendance qui oriente ses valeurs, ses décisions et ses actions. Pour lui, l’éthique n’est pas simplement le fruit d’une construction sociale ou d’une réflexion rationnelle ; elle est enracinée dans une révélation, un texte sacré ou une tradition spirituelle auxquels il se consacre en constance. Sa Foi en ce domaine qui s’est imposé à lui, plus qu’il ne l’a choisi, est profondément enracinée. Sa quête de sens est liée à un concept métaphysique, au divin, ou à une réalité supérieure qui dépasse, à la fois, les contingences du monde matériel et les contingences intellectuelles et émotionnelles. Celles-ci étant réduites autant que possible à l’aide d’une discipline choisie et respectée. L’existence, la vie, se voit perçue comme un cheminement vers une finalité ultime. C’est ce rôle, ce sacerdoce (1) même que s’octroie l’ArkhêoHiéroKosmogamie.
À l’inverse, l’individu laïque s’ancre dans une horizontalité d’une existence basée sur tout ce qui lui est extérieur et sur un début et une fin. Il se pose comme mesure de toutes choses, plaçant la raison, l’esprit critique et l’expérience humaine au cœur de sa réflexion morale et intellectuelle. Le sens, dans une perspective laïque, émerge d’une construction autonome basée sur l’expérience et le savoir individuel libre de toute autorité religieuse. En somme, l’individu est son propre dieu. La laïcité n’est pas nécessairement un rejet de la spiritualité, mais plutôt une volonté de séparer le champ du sacré de celui du politique, du scientifique et du social. Ce qui crée une spiritualité égotiste et susceptible d’accorder du « bonheur », du « bien-être », donc une pseudo spiritualité. L’individu laïque croit en la dignité humaine comme fondement éthique universel, indépendamment des croyances individuelles. Ce qui pose un problème par rapport à une dégradation certaine des principes mêmes de la laïcité : le « vivre ensemble » paraissant intéresser qu’un faible pourcentage de la société, la considération de soi étant le chef d’orchestre de la réflexion, du ressenti et de l’action engagée, ce qui entraîne une recrudescence des valeurs psychiques menant au relativisme, sinon au nihilisme, ce début de siècle en témoigne.
Cette divergence ne signifie pas nécessairement conflit. L’individu religieux peut évoluer dans une société laïque en respectant le pluralisme, tout comme l’individu laïque peut dialoguer avec les convictions religieuses dans un esprit d’ouverture. Ce qui les distingue profondément, c’est la source à laquelle chacun puise pour répondre aux grandes interrogations de l’existence : pourquoi l’existence, d’où vient-elle et comment, que devons ? Pour l’un, les réponses viennent d’une autorité transcendante ; pour l’autre, elles émanent de la conscience humaine et de l’histoire collective.
(1) Fonction qui présente un caractère quasi religieux en raison du dévouement qu'elle exige.
En somme, la Racine-Mère de l'individu religieux ou de l'individu laïque est identique. Le premier se tourne vers elle, il "tend vers" (intériorité-Cœur); le deuxième l'ignore et se porte vers le monde (extériorité-observateur/objet).